Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a défendu le droit de son pays à se frapper les raffineries russes et a écarté la trêve énergétique proposée par Washington. Cette décision intervient alors que les relations entre Kiev et l’administration américaine se détériorent profondément à la suite d’un accord sur le diesel et de restrictions sur le réseau Starshield.
Volodymyr Zelensky met fin à la trêve énergétique et reprend les frappes
Le président ukrainien a officialisé la rupture de la trêve portant sur les infrastructures énergétiques unilatéralement annoncée la semaine précédente par Donald Trump. Dans un entretien accordé au Financial Times et publié le jeudi, Volodymyr Zelensky a affirmé : L’interdiction (de frapper les raffineries) est levée. C’est fini
.
Quelques heures plus tard, une raffinerie située à Riazan, à environ 200 kilomètres au sud-est de Moscou, a été la cible d’une attaque de drones et de missiles signalée par la Russie. L’armée ukrainienne a également frappé un aérodrome dans la région de Voronej, détruisant quatre appareils Su-34 et endommageant deux autres bombardiers chargés de bombes aériennes à l’aide de missiles Long Neptune de la marine ukrainienne, selon des déclarations publiées par le dirigeant ukrainien sur les réseaux sociaux.
Le Kremlin a aussitôt réagi par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, qualifiant ces opérations de contradiction flagrante avec les efforts de paix des États-Unis
menés par les négociateurs américains.
Tensions diplomatiques et critiques acerbes entre Washington et Kiev
La reprise de ces frappes fait suite à un accord sur le diesel conclu par l’administration américaine pour permettre à la Russie d’expédier d’importants volumes de carburant vers les marchés internationaux. Cette entente vise à baisser les prix à la pompe aux États-Unis avant les élections de mi-mandat prévues au début du mois de novembre. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a rappelé dans ses notes d’analyse que la Russie disposait de 32 grandes raffineries et d’une capacité installée de raffinage d’environ 6,5 millions de barils par jour.
Il ne veut pas conclure d’accord. Il dit vouloir un règlement, mais il ne le fait pas. Non, je ne suis pas un grand fan de Zelensky, ils ont détruit ce pays.
Le nœud du satellite Starshield et la dégradation de l’aide militaire
La crise s’est également cristallisée autour d’un ralentissement technique constaté en début de semaine sur le réseau satellitaire militaire Starshield, opéré par SpaceX d’Elon Musk mais placé sous le contrôle du gouvernement américain. Kiev et l’entrepreneur américain ont confirmé que ces restrictions de vitesse et d’accès avaient été commandées directement par la Maison-Blanche.
Elon Musk, qui a également pris position pour un changement de direction à la tête de l’État ukrainien, a précisé que les limitations d’utilisation dépendaient entièrement du département de la Défense et du commandant en chef américain. Ces perturbations de connectivité sont survenues alors que l’armée ukrainienne subissait des frappes aériennes nourries, notamment à Kharkiv et dans la région de Volyn, où près de 270 000 foyers se sont retrouvés privés d’électricité.
L’Soutien européen et le silence énigmatique du sommet de Bruxelles
En marge d’un sommet de l’Union européenne à Bruxelles, où l’agenda s’est concentré sur la préparation d’un paquet de soutien hivernal pour affronter la cinquième saison froide depuis l’invasion de février 2022, Volodymyr Zelensky est apparu aux côtés de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du président du Conseil européen António Costa.

Interrogé par un journaliste sur l’hypothèse d’une instrumentalisation de sa personne par Washington pour régler des difficultés politiques intérieures, le dirigeant ukrainien a observé un silence de quinze secondes avant de laisser échapper un sourire complice face à l’hilarité des journalistes présents.
This is my answer.
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