La mine de Bomboré, exploitée par la société canadienne Orezone Gold, a produit 116 188 onces d’or au cours des neuf premiers mois de 2026, dépassant déjà son total annuel de 2025. Cette hausse de production intervient alors que le Burkina Faso a renforcé sa participation minière et ajusté sa fiscalité aurifère. Par Clara Dubois.
Une production en forte hausse à Bomboré
L’exploitant canadien Orezone Gold a communiqué le 14 octobre 2026 des chiffres confirmant une accélération de l’activité sur son site de Bomboré. Avec 116 188 onces extraites entre janvier et septembre 2026, la mine a déjà surpassé les 110 014 onces produites sur l’ensemble de l’année 2025, selon les données relayées par Afrikactus et l’Agence Ecofin.
Cette progression repose sur l’extension des infrastructures industrielles. La mise en service, fin 2025, d’une nouvelle unité de traitement de roche dure — dotée d’une capacité nominale de 2,5 millions de tonnes par an — a permis de changer d’échelle. Pour l’exercice 2026, la société projette une production totale située entre 160 000 et 180 000 onces, tout en étudiant une éventuelle extension visant les 250 000 onces par an à moyen terme.

Réformes fiscales et participation de l’État
Le contexte économique entourant l’exploitation aurifère a été profondément remanié par le nouveau Code minier adopté en 2024. Une divergence persiste toutefois sur la structure du capital : si l’Agence Ecofin affirme que l’État détient 15 % de la mine depuis août 2025, Afrikactus souligne qu’Orezone décrivait, en septembre 2025, une mine détenue à 90 % par l’entreprise, précisant que les informations accessibles ne corroborent pas l’affirmation d’une participation publique de 15 % dans ce projet précis.
Parallèlement, la fiscalité a été alourdie par une réforme des redevances entrée en vigueur en avril 2025. Le taux, auparavant plafonné à 7 %, est désormais progressif :

- 8 % : pour un cours de l’or compris entre 3 000 et 3 500 USD l’once.
- + 1 point de pourcentage : pour chaque tranche supplémentaire de 500 USD.
Au 15 octobre 2026, le cours de l’or atteignait 4 156 USD l’once, plaçant l’exploitation dans une tranche fiscale supérieure.
L’incertitude sur les recettes publiques effectives
Si la hausse de la production et des taux de redevances a déjà eu un impact visible — Orezone ayant déclaré 35,7 millions USD de redevances en 2025, soit une hausse de 57 % sur un an — la traduction de ces chiffres en recettes nettes pour le budget national reste complexe. L’augmentation du chiffre d’affaires ne signifie pas mécaniquement une hausse équivalente des bénéfices, ces derniers dépendant des coûts d’exploitation et des investissements de la société.
Produire davantage d’or ne signifie pas automatiquement que les finances publiques en recevront davantage.
Afrikactus
L’évaluation réelle de la rente minière est également freinée par le manque de publication systématique des coûts détaillés par projet, comme le note le rapport de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) du Burkina Faso. Par ailleurs, le versement de dividendes reste conditionné à la décision de la société de distribuer ses bénéfices. Enfin, l’impact local est réel : le gouvernement a annoncé 85,7 milliards de francs CFA collectés au titre du Fonds minier de développement en 2025, dont environ 34,9 milliards ont été affectés à des plans communaux et projets endogènes.