La nouvelle série HBO Max, « It : Welcome to Derry », a d’emblée pris un risque audacieux pour captiver son public : éliminer plusieurs personnages principaux dès le premier épisode. Cette décision, initialement perçue comme risquée par les créateurs, a finalement été saluée par les dirigeants de la chaîne, ouvrant la voie à une approche créative sans concession.
L’épisode d’introduction voit les adolescents Phil (Jack Molloy Legault), Teddy (Mikkal Karim-Fidler) et Susie (Matilda Legault) succomber à une attaque brutale de Pennywise, la terrifiante entité démoniaque. Seules Lilly (Clara Stack) et Ronnie (Amanda Christine) parviennent à survivre. Pour convaincre les responsables de HBO, le showrunner Jason Fuchs avait préparé une version alternative du scénario où tous les enfants échappaient au massacre dans le cinéma.
Fuchs a alors réuni une petite équipe de scénaristes – incluant Brad Caleb Kane, Andy et Barbara Muschietti – pour élaborer en secret le dénouement choquant. Lors de la présentation à HBO, Fuchs a mis en scène la révélation :
« Nous avions un mur avec des photos des acteurs enfants qui auraient pu jouer les rôles dans l’épisode 1. Andy s’est levé de manière théâtrale pendant que je présentais la scène. Au moment où j’arrivais au point où tous, sauf Lilly et Ronnie, étaient dévorés, Andy a retiré le papier, révélant un autre groupe de photos d’enfants. »
Cette proposition audacieuse n’était pas sans risque. Non seulement elle pouvait dérouter ou frustrer les téléspectateurs, mais elle impliquait également d’engager des jeunes acteurs talentueux pour les éliminer rapidement de la série. Les dirigeants de HBO auraient pu hésiter.
Contre toute attente, la direction de HBO a adoré le stratagème, particulièrement l’effet de surprise. Jason Fuchs se souvient :
« Je n’oublierai jamais leurs visages et la sensation d’avoir pensé : si nous pouvons reproduire leur réaction dans la salle avec le public à la maison, nous aurons une façon vraiment intéressante, excitante et satisfaisante de terminer l’épisode 1. »
Barbara Muschietti a confié à Entertainment Weekly que l’approbation des dirigeants était une surprise agréable : « Nous étions partis du principe que ce serait notre combat, que nous devrions nous battre pour continuer à intensifier l’horreur et les effets de sursaut. Il n’en fut rien. »
Les premiers épisodes de « Welcome to Derry » confirment cette liberté créative. Cette absence de contraintes contribue à l’atmosphère angoissante et captivante de la série. À une époque où de nombreuses œuvres, notamment télévisuelles, sont édulcorées par des exécutifs craintifs ou des algorithmes, cette audace témoigne de la force d’une vision artistique affirmée. Il est donc probable que « Welcome to Derry » et HBO nous réservent encore bien des surprises.