Publié le 29 septembre 2025 17:21:00. La création d’une actrice entièrement générée par intelligence artificielle, Tilly Norwood, suscite une vive controverse à Hollywood, avec des inquiétudes concernant l’avenir des emplois des acteurs et l’authenticité de la performance artistique.
- Whoopi Goldberg s’est exprimée publiquement contre la création de Tilly Norwood, soulignant les différences fondamentales entre la présence scénique d’un acteur humain et celle d’une IA.
- Plusieurs stars hollywoodiennes, dont Melissa Barrera et Kiersey Clemons, ont également condamné cette initiative sur les réseaux sociaux.
- Eline van der Velden, créatrice de Tilly Norwood, défend son projet en affirmant qu’il s’agit d’un nouvel outil créatif et non d’un substitut aux acteurs humains.
La polémique autour de Tilly Norwood, une actrice virtuelle conçue par le studio de production d’IA Particule6, a enflammé Hollywood. L’annonce de sa création, faite par Eline van der Velden lors du Sommet de Zurich, a immédiatement attiré l’attention de plusieurs agents de talents, suscitant à la fois fascination et inquiétude.
Whoopi Goldberg, figure emblématique du cinéma américain, a exprimé ses réserves lors de l’émission «The View». Elle a mis en garde contre le risque de voir des emplois d’acteurs menacés par cette technologie, soulignant que l’IA, bien que sophistiquée, ne peut reproduire la subtilité et la singularité de la performance humaine.
« Le problème, à mon humble avis, est que vous êtes soudainement en compétition avec quelque chose qui a été généré à partir de 5 000 autres acteurs. Elle a l’attitude de Bette Davis, les lèvres de Humphrey Bogart… c’est un peu un avantage injuste. Mais vous savez quoi ? Relevez le défi. Vous pouvez toujours nous distinguer. Nous bougeons différemment, nos visages se déplacent différemment, nos corps se déplacent différemment. »
Whoopi Goldberg, actrice et animatrice de télévision
Goldberg a également souligné que la technologie nécessaire pour créer un interprète d’IA véritablement crédible n’était pas encore tout à fait au point, tout en reconnaissant qu’elle pourrait le devenir dans les prochaines années. Elle a exprimé son espoir que les acteurs puissent résister à cette concurrence, car l’essor de l’IA ne se limitera pas à Hollywood, mais touchera de nombreux secteurs d’activité.
Face à la vague de critiques, Eline van der Velden a défendu son projet, insistant sur le fait que Tilly Norwood ne visait pas à remplacer les acteurs humains, mais à offrir une nouvelle forme d’expression artistique. Elle a comparé l’IA à un nouvel outil, comparable à l’animation, à la marionnette ou aux effets spéciaux numériques (CGI), qui ont enrichi le paysage cinématographique sans pour autant éclipser les acteurs en chair et en os.
« Je vois l’IA non pas comme un remplacement pour les gens, mais comme un nouvel outil, un nouveau pinceau. Tout comme l’animation, la marionnette ou CGI ont ouvert de nouvelles possibilités sans retirer de l’acteur en direct, l’IA offre un autre moyen d’imaginer et de construire des histoires. »
Eline van der Velden, créatrice de Tilly Norwood
Lors d’une interview accordée à Broadcast International en juillet dernier, van der Velden avait exprimé son ambition de faire de Tilly Norwood la prochaine Scarlett Johansson ou Natalie Portman.
La controverse autour de Tilly Norwood met en lumière les enjeux éthiques et économiques liés à l’essor de l’intelligence artificielle dans l’industrie du divertissement, et ouvre un débat sur la définition même de la performance artistique à l’ère numérique.
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