Publié le 2025-10-02 06:15:00. Les recherches récentes remettent en question l’idée d’un âge de bonheur universel, soulignant l’importance cruciale des liens sociaux et de l’adaptation face aux défis de la vie pour un bien-être durable.
- La fameuse « courbe en U » du bonheur, qui suggérait un pic de satisfaction au début de la vingtaine puis vers 70 ans, est remise en question par de nouvelles études.
- L’anxiété croissante chez les jeunes générations semble entraîner une baisse du bonheur dès le plus jeune âge.
- Le maintien de connexions sociales significatives, même en nombre réduit, est un facteur déterminant du bien-être tout au long de la vie.
Pendant des années, la psychologie a évoqué une trajectoire du bonheur en forme de U. Selon cette théorie, le bien-être culmine généralement au début de la vingtaine, atteint un point bas au milieu de la vie, avant de remonter progressivement à partir de la cinquantaine pour atteindre un nouveau sommet vers l’âge de 70 ans. La psychologue Jolanta Burke, du Centre des sciences de la santé positive du RCSI, explique que cette courbe était basée sur l’observation que la jeunesse est souvent marquée par une période d’insouciance et de découvertes, suivie par les responsabilités professionnelles, financières et familiales qui peuvent entraîner un éloignement des amis et de la communauté.
Cependant, cette vision est aujourd’hui nuancée. Une étude récente a même identifié l’âge de 47,2 ans comme étant le plus malheureux. Plus troublant encore, le chercheur qui avait initialement documenté la courbe en U a publié des travaux la contestant. De nouvelles recherches suggèrent que le pic de bonheur au début de l’âge adulte n’est plus aussi marqué qu’avant, en raison d’une augmentation de l’anxiété chez les jeunes. Une étude a mis en évidence une détérioration de la santé mentale des jeunes, un phénomène qui précède même la pandémie de Covid-19.
Selon des recherches récentes, les jeunes générations semblent vivre une forme de retard dans les étapes traditionnelles de la vie, ce qui pourrait avoir un impact sur leur bien-être. Une autre étude, menée en 2023 par des équipes de recherche allemandes et suisses auprès de plus de 460 000 participants, a identifié l’âge de 70 ans comme celui où le bien-être subjectif est le plus élevé, en tenant compte de la satisfaction de vie, des émotions positives et négatives. Plus d’informations sur cette étude sont disponibles en ligne.
Au-delà de l’âge, un facteur semble se dégager comme essentiel au bonheur : la connexion sociale. Jolanta Burke insiste sur le fait que, malgré l’hyperconnectivité numérique, nous sommes paradoxalement plus seuls qu’auparavant. Elle souligne que la communication numérique, bien que fréquente, n’est pas toujours aussi significative que les interactions en personne.
« La connexion est absolument cruciale. Même si nous sommes si connectés numériquement, nous sommes beaucoup plus seuls qu’auparavant. »
Jolanta Burke, psychologue et chercheuse
Nous tissons généralement notre réseau d’amis le plus étendu vers l’âge de 30 ans, grâce aux rencontres professionnelles, aux relations amoureuses et aux liens familiaux. Cependant, avec l’âge et l’arrivée des enfants, le temps consacré aux autres diminue, réduisant ainsi notre cercle social. Ce manque de connexion peut contribuer à la crise de la quarantaine ou du milieu de vie. Plus d’informations sur la crise de la quarantaine sont disponibles sur le site de RTÉ.
Cependant, la recherche montre également que, plus tard dans la vie, les relations sociales tendent à devenir plus profondes et plus significatives. Vers 55 ou 60 ans, nous avons souvent un cercle d’amis plus restreint, mais ces liens sont forgés par des années de partage et de confiance. De plus, les personnes âgées ont tendance à se concentrer davantage sur les aspects positifs de la vie, tandis que les jeunes sont plus susceptibles de se focaliser sur les dangers et les problèmes.
Enfin, une étude menée auprès d’experts en psychologie positive a révélé que ceux qui pratiquent réellement ce qu’ils prêchent adoptent un état d’esprit particulier, caractérisé par une vie intentionnelle, une hygiène de bien-être, l’acceptation de soi, la recherche de sens et la conscience de l’environnement. Ils sont capables de trouver des opportunités de joie au quotidien et de se protéger des influences négatives, tout en restant engagés dans le monde qui les entoure.
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Les opinions exprimées ici sont celles de l’auteur et ne représentent pas ou ne reflètent pas les vues de RTÉ.
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