Publié le 2 décembre 2025 à 15h48. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a révélé que le plan de paix en discussion avec les États-Unis a été recentré, passant de 28 à 20 points, tout en soulignant la sensibilité des négociations autour des territoires, des avoirs russes gelés et des garanties de sécurité.
- Le plan de paix américano-ukrainien, actuellement en négociation, a été réduit de 28 à 20 points.
- Les questions territoriales, l’utilisation des avoirs russes gelés et les garanties de sécurité constituent les principaux obstacles aux discussions.
- Zelensky a appelé l’Irlande à maintenir une pression ferme sur la Russie, notamment en matière de sanctions et de gel des avoirs.
Lors d’une conférence de presse à Dublin, lors de sa première visite officielle en Irlande, Volodymyr Zelensky a fait le point sur l’état des négociations avec les États-Unis concernant un nouveau plan de paix visant à résoudre le conflit avec la Russie. Il a précisé que le document, initialement structuré autour de 28 points, avait été remanié et se concentre désormais sur 20 aspects clés, après des discussions à Genève et en Floride.
Selon le président ukrainien, les discussions les plus délicates portent sur trois sujets majeurs. Il a déclaré :
« Les choses les plus sensibles, les questions les plus difficiles, les défis concernent les territoires, les avoirs gelés. Je ne peux pas parler moi-même au nom des dirigeants européens. Il s’agit de l’argent qui est gelé, mais il est gelé en Europe. Je peux partager mon point de vue, et ils (les partenaires européens – ndlr) peuvent me soutenir, mais je ne peux pas décider au nom des dirigeants concernant les fonds qui se trouvent dans l’UE. Et c’est le deuxième. Troisièmement, ce que j’ai noté à propos des garanties de sécurité : nous comptons sur de solides garanties de sécurité de la part des États-Unis, de l’Europe et de certains autres dirigeants. Et vous savez qu’il y a un sujet de « coalition des volontaires », nous y travaillons. Je pense donc que ces trois sujets sont les plus sensibles et les plus importants, et je pense que nos équipes continuent de travailler là-dessus. »
Interrogé par un journaliste de Bloomberg sur les différences entre le plan actualisé et ses perspectives de rencontrer l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, Zelensky a indiqué que Kiev attendait les résultats des négociations américano-russes avant de prendre de nouvelles initiatives. Il a toutefois précisé avoir eu des échanges avec Witkoff et son équipe, et s’est dit ouvert à de nouveaux contacts, y compris une rencontre en Ukraine, à condition d’un “dialogue réel et concret, et pas seulement des mots”.
En marge de cette visite historique en Irlande – la première d’un président ukrainien depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays – Zelensky a remercié Dublin pour son aide énergétique et son soutien aux communautés ukrainiennes. Les deux pays se sont accordés sur une feuille de route de partenariat pour au moins cinq ans, avec l’espoir d’une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne durant cette période. Il a également appelé l’Irlande à maintenir une position ferme envers la Russie, notamment en matière de sanctions et de gel des avoirs russes, estimant qu’il est temps que ces fonds soient utilisés pour la défense et la reconstruction de l’Ukraine.
Ce plan de paix intervient après la publication de plusieurs informations dans les médias américains, le 19 novembre, concernant un projet initial de 28 points. Ce dernier prévoyait notamment le transfert de l’ensemble du Donbass à la Russie, une limitation de l’arsenal ukrainien et la reconnaissance du russe comme deuxième langue officielle. Des contre-propositions ont ensuite été préparées par le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, dans le but de rendre le plan plus favorable à l’Ukraine. Des négociations ont eu lieu à Genève le 23 novembre, conduisant à une version “mise à jour” du document, réduite à 19 points selon le Financial Times. Plus d’informations sur les négociations à Genève.
Pour aller plus loin
