Publié le 23 novembre 2025 à 18h09. Un ancien dirigeant du Parti réformiste britannique a été condamné à plus de dix ans de prison pour avoir accepté des pots-de-vin en échange de discours et d’interviews favorables à la Russie, ravivant les questions sur les liens du parti avec Moscou.
- Nathan Gill a été condamné à 10 ans et demi de prison pour avoir reçu environ 40 000 £ (environ 47 000 €) de fonds russes.
- Le responsable politique de Reform UK, Zia Yusuf, minimise l’affaire, qualifiant Gill d'”histoire ancienne”.
- L’opposition demande une enquête approfondie sur les liens de Reform UK et de son leader, Nigel Farage, avec la Russie.
L’ancien chef du Parti réformiste britannique au Pays de Galles, Nathan Gill, a été reconnu coupable d’avoir accepté des pots-de-vin pour promouvoir les intérêts de Moscou. La sentence, prononcée le 21 novembre, marque un nouveau rebondissement dans une affaire qui met en lumière les tentatives d’influence étrangère sur la politique britannique.
Selon l’accusation, Gill, 52 ans, aurait reçu jusqu’à 40 000 £ d’Oleg Voloshyn, un homme décrit par les autorités américaines comme un agent des services secrets russes. Les fonds auraient été versés en échange d’interviews et de discours pro-russes alors que Gill était encore membre du Parlement européen.
La juge Cheema-Grubb, lors de la lecture du verdict à Old Bailey, a souligné que Gill avait abusé de sa position et érodé la confiance du public dans la démocratie. Elle a déclaré que ses actions constituaient une trahison de ses fonctions et une atteinte à l’intégrité du processus politique.
Face à ce scandale, le responsable politique de Reform UK, Zia Yusuf, a tenté de minimiser l’impact de l’affaire. Il a affirmé n’avoir jamais rencontré Gill et a qualifié ses actions d’« histoire ancienne ». Lors d’une interview sur Sky News, il a déclaré : « Je pense que ce serait une position incroyablement déraisonnable à prendre. »
« Nathan Gill, ce qu’il a fait était une trahison. C’était horrible. Il a maintenant été pris en charge par les autorités. Il mérite la peine qui lui a été infligée. Mais comme vous venez de le dire, c’est un type qui, pour nous, appartient à l’histoire ancienne. »
Zia Yusuf, responsable politique de Reform UK
Cependant, ces déclarations n’ont pas suffi à apaiser les critiques. Le Premier ministre Keir Starmer a publiquement défié le leader de Reform UK, Nigel Farage, d’ouvrir une enquête sur les liens de son parti avec la Russie. Comme le rapporte la BBC, Starmer a estimé que les actions de Gill « sapent notre pays ».
En réponse, Nigel Farage a accusé le Parti travailliste de Sir Keir d’avoir des liens avec le Parti communiste chinois, détournant ainsi l’attention de la controverse qui entoure son propre parti.
Liz Saville Roberts, dirigeante de Plaid Cymru à Westminster, a dénoncé les propos de Yusuf, les qualifiant de « profondément troublants ». Elle a souligné que Gill n’était pas un simple collaborateur éloigné, mais un « allié de confiance » de Nigel Farage. Elle a appelé à une enquête approfondie sur l’ingérence russe dans la politique britannique.
Le leader libéral-démocrate, Sir Ed Davey, a également mis en cause l’intégrité de Nigel Farage, rappelant qu’il avait déjà été payé pour apparaître sur la chaîne de télévision Russia Today, contrôlée par le Kremlin. Selon l’Independent, Davey s’est interrogé sur les véritables allégeances de Farage : « Nous devons tous nous demander : où se situe réellement sa loyauté ? »
Pour aller plus loin
