Publié le 19 janvier 2026 à 14h52. L’augmentation inquiétante des jeux d’argent illégaux en ligne chez les jeunes pousse la police sud-coréenne à alerter les parents sur les risques de dépendance et de criminalité associés à ces pratiques.
- Les jeux en ligne illégaux, souvent déguisés en mini-jeux innocents, attirent les enfants avec la promesse de gains faciles.
- Les jeunes joueurs s’endettent rapidement et peuvent être entraînés dans des activités criminelles pour rembourser leurs dettes.
- La police appelle à la vigilance des parents et à une détection précoce des signes de dépendance.
Alors que les vacances d’hiver battent leur plein, les forces de l’ordre sud-coréennes tirent la sonnette d’alarme face à une nouvelle forme de délinquance juvénile : les jeux d’argent en ligne illégaux. L’officier de police Ko Seok-hee, du poste de police de Gunsan, alerte sur un changement significatif dans le profil des jeunes délinquants, où la dépendance aux jeux d’argent en ligne supplante parfois la violence scolaire.
Les témoignages recueillis au commissariat révèlent une méconnaissance totale des parents quant à l’univers numérique de leurs enfants. « Mon enfant a toujours aimé jouer à des jeux sur son téléphone avec ses amis, mais il n’a aucune idée de ce qu’il fait », confient-ils souvent, impuissants. Or, l’enquête révèle que ces jeux, perçus comme innocents, sont en réalité des plateformes de paris illégales où de l’argent réel est mis en jeu.
Les enfants se retrouvent rapidement piégés dans un engrenage d’endettement et de dépendance. Ces sites illégaux, accessibles en quelques clics avec un simple numéro de téléphone et un numéro de compte bancaire, contrairement aux jeux légaux qui exigent une vérification parentale, utilisent des stratégies de camouflage ingénieuses. Des mini-jeux tels que des courses d’escargots ou des jeux d’échelle attirent les jeunes joueurs, les incitant à prendre des risques financiers.
Les experts en neurosciences soulignent la vulnérabilité des adolescents, dont le lobe frontal, responsable du contrôle des impulsions, est encore immature. La dopamine libérée par la « chance du débutant » agit comme une drogue, créant une dépendance difficile à briser. Mais le danger ne s’arrête pas à la ruine financière.
Selon l’officier Ko Seok-hee, le jeu devient un « catalyseur » de crimes plus graves. Les jeunes, désespérés de rembourser leurs dettes, recourent à des prêts illégaux, les « dépôts par procuration », et s’engagent dans des activités criminelles telles que le vol, la fraude, l’extorsion, le phishing vocal et même le trafic de drogue. Un cercle vicieux s’instaure, transformant des étudiants ordinaires en délinquants.
Face à cette situation alarmante, la police intensifie ses efforts de prévention et de répression pendant les vacances d’hiver, notamment par le biais des policiers scolaires (SPO). Cependant, l’officier Ko Seok-hee insiste sur le rôle crucial des parents : « L’attention et la détection au sein du foyer sont primordiales. » Il conseille aux parents de rester vigilants face à des comportements suspects, tels que le fait que leur enfant cache rapidement l’écran de son smartphone, se plaint d’un manque d’argent de poche ou demande à acheter des articles coûteux.
Il est également essentiel de vérifier les relevés bancaires de l’enfant à la recherche de dépôts non identifiés ou de virements répétés de petits montants. En cas de suspicion, il est crucial de ne pas réprimer l’enfant, mais de reconnaître la dépendance comme une « maladie » nécessitant l’aide d’un professionnel. Le Centre coréen de prévention et de guérison du jeu (1336) peut fournir un soutien et des conseils.
« Nous ne devons pas permettre qu’un simple clic, motivé par la curiosité, hypothèque l’avenir prometteur de notre enfant », conclut l’officier Ko Seok-hee. « Le moment d’agir est maintenant, pendant ces vacances scolaires. »
Par Ko Seok-hee, officier de police du district de Naun, poste de police de Gunsan.
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