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[초점] Le « pouvoir local » secoue le monde… Des rappeurs chinois à Bad Bunny, l’essor de la « musique hyperlocale »

Publié le 10 janvier 2026 20h00. La musique locale, qu’elle soit chantée en dialecte ou imprégnée de traditions régionales, conquiert désormais les scènes internationales, bousculant les codes établis de l’industrie musicale mondiale. Le rappeur chinois Sky Is Your…

[초점] Le « pouvoir local » secoue le monde… Des rappeurs chinois à Bad Bunny, l’essor de la « musique hyperlocale »

Publié le 10 janvier 2026 20h00. La musique locale, qu’elle soit chantée en dialecte ou imprégnée de traditions régionales, conquiert désormais les scènes internationales, bousculant les codes établis de l’industrie musicale mondiale.

  • Le rappeur chinois Sky Is Your God, connu sous le nom de Lanlao, est devenu un symbole de cette tendance grâce à son utilisation de dialectes chinois dans ses compositions.
  • Des artistes comme Bad Bunny, qui chante exclusivement en espagnol, prouvent que le succès mondial ne nécessite plus l’abandon de l’identité culturelle.
  • Les experts estiment que cette évolution est liée à une valorisation croissante de l’authenticité culturelle par les jeunes générations.

La mondialisation de la musique connaît un tournant inattendu. Loin de l’homogénéisation culturelle autrefois encouragée, une nouvelle vague d’artistes met en avant ses racines locales, et rencontre un succès croissant auprès d’un public international. Bloomberg News a rapporté cette tendance émergente, illustrée par l’ascension fulgurante de figures comme Sky Is Your God et Bad Bunny.

Sky Is Your God, de son vrai nom Lanlao, est originaire de Huizhou, dans la province du Guangdong. Il s’est fait connaître en Chine en mélangeant le hip-hop de style Memphis avec des paroles en mandarin, cantonais et hakka. Son EP, sorti en juillet dernier, a rapidement engendré des défis de danse viraux sur les réseaux sociaux et a été utilisé dans des campagnes publicitaires pour des plateformes de paiement mobile. Son succès ne s’est pas limité à la Chine : le nombre de ses écoutes mensuelles sur Spotify a dépassé celui de Zhou Jelun, une figure emblématique de la pop chinoise. L’artiste a effectué une tournée de 11 villes en Amérique du Nord entre novembre et décembre dernier, et s’est également produit à Sydney, Jakarta et Londres. Même les spectateurs ne comprenant pas les paroles ont été séduits par l’atmosphère unique de ses concerts.

Ce phénomène contraste fortement avec les stratégies antérieures, où les artistes non occidentaux cherchaient souvent à intégrer des éléments occidentaux à leur musique pour percer sur le marché international. L’émergence de groupes comme Hive, avec une forte proportion de membres anglophones, et les débats autour de l’identité de la K-pop après le succès de BTS et Blackpink, témoignent d’une remise en question de cette formule. Bad Bunny, qui domine les classements mondiaux de la musique pop sans jamais chanter en anglais, est devenu un symbole de ce changement.

« La jeune génération valorise l’authenticité culturelle plus que tout. Un langage et un accent trop spécifiques agissent en fait comme une nouveauté. »

Laura Fisher, chercheuse à Media Research

Laura Fisher, de l’agence d’analyse des médias et du divertissement Media Research, souligne que les barrières linguistiques ne sont plus un obstacle majeur. Elle cite également les exemples du groupe de rap irlandais Nicap, du groupe de rock italien Maneskin et du rappeur espagnol Morad pour illustrer cette tendance. James Foley, responsable de la stratégie éditoriale mondiale de Spotify, prédit que « la génération d’auditeurs qui ne se soucient pas beaucoup de la langue et des frontières régionales augmente rapidement » et anticipe une augmentation du nombre d’artistes asiatiques sur la scène mondiale.

Sky Is Your God intègre dans sa musique le contexte régional des cultures taoïste et bouddhiste. Waiman Liang, linguiste à l’Université polytechnique de Hong Kong, décrit cela comme un « collage d’accents chinois du sud », soulignant que les dialectes autrefois marginalisés sont désormais réévalués comme des atouts culturels. Selon Bloomberg, ce changement ne relève pas d’une simple mode passagère, mais d’une transformation structurelle de l’industrie musicale mondiale. Les artistes chinois, disposant d’un vaste marché intérieur, ne sont plus nécessairement en quête de succès à l’étranger, ce qui paradoxalement les rend plus attrayants pour le public international.

Kim Hyeon-cheol, journaliste économique mondiale [email protected]

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.