Home Technologie et science03 avec des amis japonais sur la journée de libération

03 avec des amis japonais sur la journée de libération

by Thomas Caron

Un atelier d’été dans une école populaire danoise a été le théâtre d’une discussion poignante sur l’histoire coréenne et les relations sino-japonaises, illustrant la manière dont l’éducation informelle peut favoriser l’empathie et la compréhension mutuelle, même face à des sujets sensibles.

L’incident s’est produit dans le cadre d’un cours d’anglais de trois semaines proposé par l’IPC (International People’s College), une institution axée sur des valeurs fondamentales telles que le respect, l’égalité, la démocratie, la paix, l’empathie et la durabilité. L’IPC ne se contente pas d’enseigner ces valeurs par le biais de programmes structurés, mais les incarne dans les interactions quotidiennes entre les enseignants et les étudiants.

Chaque matin, l’IPC organise une réunion appelée « Morning Fellowship » (MF), un moment d’échange où les étudiants présentent des actualités. C’est lors d’une de ces sessions qu’un étudiant coréen a proposé de parler de la libération de la Corée, un sujet particulièrement délicat compte tenu de la présence importante d’étudiants japonais dans le groupe – 17 sur un total de 90.

L’étudiant, souhaitant sensibiliser ses camarades à l’histoire de la colonisation japonaise, avait choisi de se concentrer sur le 80e anniversaire de la libération coréenne et la restitution imminente des restes de six combattants pour l’indépendance. Il avait préparé sa présentation avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, en anglais, et avait anticipé des réactions potentiellement difficiles.

Ses craintes se sont avérées fondées. Avant la présentation, quatre étudiants japonais ont exprimé leurs inquiétudes, craignant que l’évocation de sujets sensibles comme les « femmes de réconfort » ne soit inappropriée ou trop douloureuse. « Est-ce que ce n’est pas un sujet encore contesté ? », « Ne serait-il pas préférable de choisir un autre thème ? », ont-ils demandé.

Malgré la tension, l’étudiant coréen a maintenu son cap, conscient de l’importance de partager son histoire. Après deux heures de discussions franches et émouvantes, un compromis a été trouvé : la présentation coréenne serait maintenue, mais inclurait également une perspective japonaise, reconnaissant les compensations financières versées par le Japon après la guerre.

La présentation, conclue par une image combinant les drapeaux sud-coréen et japonais, a été saluée par les enseignants pour son courage et son honnêteté. L’étudiant coréen a été particulièrement touché par les réactions de ses camarades japonais. L’un d’eux, T., lui a confié en larmes, dans un anglais hésitant : « Grâce à toi, j’ai beaucoup appris. Merci. Mais c’est encore difficile à digérer. »

Un autre, U., a reconnu que l’éducation japonaise sur cette période de l’histoire était insuffisante et a félicité l’étudiant coréen pour son courage. « Si j’avais été à ta place, avec quatre Japonais et un seul Coréen, je n’aurais pas eu le courage de le faire », a-t-il déclaré.

Cet échange a mis en lumière la puissance de l’éducation informelle et de la confrontation constructive pour surmonter les préjugés et favoriser la compréhension mutuelle. Il a également illustré la conviction de l’IPC selon laquelle l’amour et l’empathie sont les fondements d’une société juste et pacifique.

L’étudiant coréen a partagé un extrait de son discours d’introduction : « Le 15 août 2025, mon pays célébrera son 80e anniversaire de libération. Il y a trois jours, j’ai appris une nouvelle merveilleuse : les restes de six combattants coréens pour l’indépendance, morts à l’étranger, rentreront enfin chez eux après 80 ans. Bien que je sois heureux de partager cette nouvelle, j’étais également inquiet, voire effrayé, de la choisir comme sujet du jour. Quatre de mes coéquipiers sont japonais, et de nombreux autres amis japonais sont ici. Je les apprécie sincèrement et je ne veux jamais les blesser. La nuit dernière, nous avons discuté de cette histoire jusqu’à tard dans la nuit. Nous avons découvert que nous avions grandi avec des éducations différentes, qui ont façonné des perspectives différentes. Ce n’était pas une conversation facile, mais c’était une occasion précieuse de partager nos points de vue, de réfléchir profondément et de mieux nous comprendre. J’espère que vous écouterez cette nouvelle avec la même compréhension et la même empathie que nous avons partagées la nuit dernière. »

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