Le Schmidt Ocean Institute et des équipes internationales ont identifié plus de 1 000 nouvelles espèces marines dans les abysses depuis le début de l’année 2026, dont des « requins fantômes » translucides et des éponges carnivores surnommées « boules de la mort ». Ces découvertes, réalisées lors d’expéditions en mer de Corail et dans l’océan Austral, révèlent une biodiversité insoupçonnée et soulèvent des questions sur la protection de ces écosystèmes fragiles.
L’explosion des découvertes abyssales en 2026
Les fonds marins, longtemps considérés comme les derniers grands territoires inexplorés de la planète, livrent cette année des secrets à un rythme inédit. Selon les données compilées par l’institut britannique d’exploration océanographique et relayées par Ouest-France, plus d’un millier de nouvelles espèces ont été identifiées depuis janvier 2026, principalement dans les abysses du Pacifique et de l’océan Austral. Parmi elles, des créatures aux caractéristiques si singulières qu’elles ont immédiatement capté l’attention des scientifiques et du grand public.
Ces découvertes s’inscrivent dans le cadre de missions internationales menées par des institutions comme le Schmidt Ocean Institute, qui utilise des robots sous-marins pour explorer des zones jusqu’ici inaccessibles. Les expéditions ont permis de cartographier des écosystèmes jusqu’alors inconnus, notamment dans la fosse d’Atacama, au large du Chili et du Pérou, et dans les profondeurs de la mer de Corail, en Australie.
—
Les « requins fantômes », des prédateurs translucides
L’une des espèces les plus médiatisées est un requin classé parmi les « requins fantômes » en raison de sa transparence quasi totale. Ces prédateurs, découverts en grand nombre dans la mer de Corail, mesurent généralement entre 30 et 50 centimètres et possèdent une peau si fine qu’ils laissent voir leurs organes internes à travers leur enveloppe. Leur mode de chasse, basé sur l’immobilité et l’embuscade, les rend particulièrement efficaces dans les eaux sombres des abysses.
Selon les premiers rapports scientifiques, ces requins appartiennent probablement à un nouveau genre encore non classé. Leur découverte a été rendue possible grâce à des caméras haute résolution embarquées sur des robots sous-marins, capables de filmer en haute définition à plusieurs milliers de mètres de profondeur. Les chercheurs estiment que ces espèces pourraient jouer un rôle clé dans l’équilibre des écosystèmes abyssaux, en régulant les populations de proies.
—
Les éponges « boules de la mort », des carnivores inattendus
Autre surprise de ces expéditions : des éponges carnivores surnommées « boules de la mort » en raison de leur apparence et de leur mode de vie. Ces organismes, découverts dans l’océan Austral, se présentent sous la forme de sphères denses et mobiles, capables de se déplacer lentement sur le fond marin. Contrairement aux éponges classiques, qui se nourrissent de particules en suspension, ces espèces chassent activement leurs proies en les attirant avec des tentacules venimeux.
Une étude préliminaire, publiée dans le cadre des missions du Schmidt Ocean Institute, révèle que ces éponges produisent des toxines puissantes pour immobiliser leurs victimes, principalement des petits crustacés et des vers marins. Leur découverte soulève des questions sur l’adaptation des espèces dans des environnements extrêmes, où la compétition pour la nourriture est intense.
Les chercheurs ont également observé des éponges de verre, comme celle abritant le ver Dalhousiella yabukii, qui vit à l’intérieur de structures transparentes et fragiles. Ces écosystèmes symbiotiques, découverts dans les profondeurs du Pacifique, illustrent la complexité des interactions biologiques dans les abysses.
—
Des écosystèmes à protéger en urgence
Ces découvertes soulignent l’urgence de protéger les zones abyssales, encore largement ignorées des politiques de conservation. Les scientifiques alertent sur les menaces pesant sur ces écosystèmes, notamment la pêche profonde et la pollution plastique, qui commencent à atteindre des profondeurs autrefois considérées comme inviolées.
« Nous ne savons presque rien de ces espèces et de leur rôle dans les écosystèmes marins », déclare une équipe du Schmidt Ocean Institute, citée par Slate.fr. « Chaque nouvelle découverte nous rappelle à quel point les océans sont encore mystérieux, mais aussi combien ils sont vulnérables. »
Les données collectées lors de ces expéditions devraient servir de base à de nouvelles zones marines protégées, notamment dans le Pacifique et l’océan Austral. Les chercheurs appellent également à renforcer les moyens d’exploration pour mieux comprendre ces écosystèmes avant qu’ils ne soient irréversiblement altérés.
—
Et après ? Les limites de nos connaissances
Malgré l’enthousiasme suscité par ces découvertes, les experts rappellent que les abysses ne représentent qu’une infime partie des océans encore inexplorés. Selon les estimations, plus de 90 % des espèces marines restent à découvrir, et les technologies actuelles ne permettent d’explorer qu’une infime fraction des fonds marins.
Les prochaines missions devraient se concentrer sur l’étude des interactions entre ces nouvelles espèces et leur environnement, ainsi que sur leur résilience face au changement climatique. Les résultats pourraient également éclairer les mécanismes d’adaptation des organismes dans des conditions extrêmes, une information précieuse pour la recherche médicale et biotechnologique.
En attendant, une chose est sûre : les océans continuent de nous surprendre, et chaque nouvelle espèce découverte est une invitation à mieux les protéger.
À ne pas manquer
