Plus d’une centaine d’anciens ambassadeurs français et britanniques ont exhorté Paris et Londres à agir conjointement pour faire respecter le droit international dans les territoires occupés, dénonçant une situation humanitaire alarmante à Gaza et une accélération des violences en Cisjordanie.
Dans une tribune conjointe publiée dans la presse internationale et française, 102 anciens ambassadeurs demandent aux deux capitales de traduire leur reconnaissance de l’État palestinien intervenue en 2025 en actes concrets.
Les exigences des diplomates face à la situation humanitaire à Gaza
Parmi les signataires de ce texte figurent notamment de hauts responsables de la diplomatie française, tels qu’Yves Aubin de la Messuzière, ancien directeur d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au Quai d’Orsay, Bernard Bajolet, ex-ambassadeur en Algérie et en Jordanie, Denis Bauchard, ancien directeur du même département, et Frédéric Desagneaux, ancien consul général à Jérusalem. Ces figures de la diplomatie dressent un constat accablant de la situation des civils dans l’enclave palestinienne.
Tout en condamnant sans réserve les crimes odieux
perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, les signataires soulignent que rien ne justifie la politique systématique de destruction de Gaza et de sa population
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Destructions en Cisjordanie et accusations de nettoyage ethnique
Au-delà de la bande de Gaza, le texte aborde la situation à Jérusalem-Est et dans le reste de la Cisjordanie, où les ex-ambassadeurs signalent une recrudescence des violences et des déplacements forcés. Les auteurs pointent directement du doigt la dynamique à l’œuvre sur place.
Cette prise de position intervient dans un climat de tensions récurrentes entre l’État hébreu et plusieurs gouvernements européens. L’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni avaient déjà adressé un avertissement conjoint à Israël pour exiger l’arrêt immédiat de l’expansion des colonies en Cisjordanie.
Mesures concrètes réclamées auprès de la Cour internationale de justice
Pour donner suite aux décisions de la Cour internationale de justice (CIJ) et de la Cour pénale internationale, les diplomates demandent à Paris et à Londres de suspendre leurs accords commerciaux avec Israël ainsi que la coopération militaire bilatérale. L’avis rendu en juillet 2024 par la CIJ avait déjà établi que la présence d’Israël dans les territoires occupés était illégale, exigeant l’évacuation des colons et la cessation des activités de colonisation.

Cette exigence juridique a également été portée sur la scène institutionnelle par la ministre palestinienne des Affaires étrangères, Varsen Aghabekian.
Perspectives politiques et gouvernance des territoires palestiniens
Dans leur appel, les ex-diplomates français et britanniques s’adressent aussi aux dirigeants palestiniens. Ils les exhortent à veiller à ce que l’État reconnu par la majorité de la communauté internationale demeure démocratique et respectueux des lois, en dépit des contraintes de l’occupation. Le texte préconise également la réunification administrative, politique et économique entre Gaza et la Cisjordanie, ainsi que l’organisation d’élections libres et équitables.

Le document laisse toutefois en suspens la question du désarmement du Hamas, un point pourtant posé par Israël comme un préalable incontournable à tout retrait militaire de l’enclave.