Cette décision marque un tournant diplomatique pour préserver la solution à deux États face à la montée des violences et à l’expansion des colonies.
Une déclaration conjointe de 12 pays contre l’expansion des colonies en Cisjordanie
Les signataires s’engagent à interdire l’importation de produits en provenance des colonies israéliennes situées en Cisjordanie occupée et à appliquer des mesures ciblées, estimant que l’expansion systématique des implantations et la hausse considérable des violences menacent directement la solution à deux États.
La ministre des Affaires étrangères du Canada, Anita Anand, a déclaré sur les réseaux sociaux que son pays instaurera dans les prochains mois des restrictions sur les échanges commerciaux de biens issus de ces territoires jugés illégaux au regard du droit international. De son côté, le premier ministre Mark Carney s’est joint à Emmanuel Macron et Andy Burnham dans une déclaration conjointe pour souligner que ces mesures s’inscrivent dans le prolongement de la reconnaissance de l’État palestinien intervenue un an plus tôt.
Des sanctions commerciales aux portées variables selon les nations
Si les produits agricoles de la vallée du Jourdain, le vin, les cosmétiques et divers articles industriels sortant de ces territoires sont directement ciblés par les interdictions d’importation, les gouvernements vont plus loin. Le Royaume-Uni a notamment précisé qu’il sanctionnerait également les entreprises et les individus fournissant des services de construction, des infrastructures, du financement ou de l’immobilier favorisant la colonisation.
Pour le Royaume-Uni, les échanges directs avec ces territoires occupés sont évalués à 38 millions de livres par an, ce qui confère à cette interdiction une portée avant tout symbolique.
Riposte immédiate d’Israël et fermeture du consulat britannique à Jérusalem
Le gouvernement israélien a réagi sans délai en annonçant des mesures de représailles ciblant pour l’instant le Royaume-Uni. Le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a qualifié les critiques britanniques de scandaleuses, ordonnant la fermeture du consulat britannique à Jérusalem.
Parallèlement, Israël a prononcé une interdiction d’entrée sur son territoire à l’encontre de 12 personnalités britanniques qualifiées d’antisémites, parmi lesquelles figurent l’ancien chef du Labour Jeremy Corbyn et l’ensemble des députés Verts britanniques. Avant même ces annonces, le président israélien Isaac Herzog avait averti que Londres s’exposait à se placer du mauvais côté de l’histoire.
La réaction des États-Unis et le contexte électoral en Israël
Tandis que l’Autorité palestinienne a salué une étape importante pour que les autorités israéliennes rendent des comptes, les États-Unis ont adopté une position distincte. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a condamné les tensions en Cisjordanie tout en excluant toute participation de Washington à des sanctions contre les colonies israéliennes.

Cette séquence diplomatique intense se déroule en pleine campagne électorale pour les législatives d’octobre en Israël. Le contexte politique intérieur est marqué par un durcissement net de la rhétorique au sein de la coalition de droite et d’extrême droite dirigée par Benyamin Nétanyahou, sur fond de projet d’extension coloniale dans la zone E1.
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