Le 1er juillet 2025, le télescope ATLAS au Chili a détecté la comète interstellaire 3I/ATLAS, un objet voyageant à plus de 60 km/s. Selon une étude publiée dans la revue Nature, les analyses chimiques révèlent que ce fossile galactique, âgé de 10 à 12 milliards d’années, est bien plus ancien que notre propre système solaire.
La traque d’un visiteur venu d’un système lointain
La comète 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire confirmé à avoir traversé notre voisinage spatial, rejoignant les rangs de 1I/‘Oumuamua et 2I/Borisov. Détectée par le système de surveillance ATLAS financé par la NASA, l’objet a immédiatement alerté les astronomes par sa vitesse extrême. À son point le plus proche du Soleil, la comète atteignait une vitesse de plus de 68 km/s. Comme l’explique The Conversation, cette trajectoire fulgurante suggère que l’objet n’est pas lié à la gravitation de notre étoile, mais qu’il ne fait que passer. Les premières observations orbitales ont laissé supposer que 3I/ATLAS avait été éjecté d’un système situé dans le « disque épais » de la Voie lactée, une région composée d’étoiles très anciennes. L’objet quitte désormais notre système solaire à une vitesse supérieure à 60 km/s, sans aucune possibilité de retour. Cette fugacité offre une fenêtre temporelle limitée pour comprendre la nature de ces voyageurs galactiques qui circulent entre les étoiles.Une signature chimique révélant un âge extrême
Alors que la comète s’éloignait du Soleil en décembre 2025, les scientifiques ont utilisé le télescope spatial James Webb de la NASA pour analyser sa composition. En utilisant l’instrument NIRSpec, l’équipe de recherche a pu cartographier les composants chimiques de la coma de gaz libérée par la chaleur solaire. Les résultats, détaillés par NASA Science, ont révélé des proportions chimiques radicalement différentes de celles observées dans notre système. L’analyse a mis en évidence deux éléments clés :- Un taux de deutérium (hydrogène lourd) environ 30 fois supérieur à celui des comètes de notre système solaire.
- Une présence de carbone-13 extrêmement faible par rapport au carbone-12.
« C’était une opportunité unique d’étudier un objet ancien de la galaxie lointaine, datant probablement d’avant notre Soleil et notre système solaire », a déclaré Martin Cordiner, astrochimiste au Goddard Space Flight Center de la NASA, via NASA Science.
L’impact sur la compréhension de la chimie prébiotique
La découverte de ces taux élevés de deutérium suggère que 3I/ATLAS provient d’un environnement extrêmement froid. Durant sa formation, la matière qui compose la comète a probablement été exposée à de fortes radiations sans subir la chaleur nécessaire pour transformer la glace de « lourde eau » en la glace d’eau standard que nous connaissons sur Terre. Pour les chercheurs, l’intérêt dépasse la simple datation de l’objet. L’étude de ces matériaux interstellaires permet de tester les modèles de formation des systèmes planétaires et de la chimie qui précède la vie.« Pour nous, scientifiques, la découverte de ces isotopes rares est fascinante, mais l’image globale ici est de regarder les possibilités de la chimie prébiotique ailleurs dans la galaxie », a précisé Martin Cordiner, via NASA Science.

« Jusqu’à présent, nous ne connaissons qu’un seul endroit dans le vaste cosmos où des ingrédients chimiques ont conduit à la vie – notre système solaire, notre Terre. L’analyse de ces objets interstellaires est une étape majeure pour apprendre à quel point les conditions de l’évolution de la vie sont communes, ou non, dans l’univers », a conclu l’équipe de recherche, via NASA Science.
Alors que 3I/ATLAS s’enfonce dans l’espace interstellaire, elle laisse derrière elle des données qui pourraient redéfinir notre compréhension de la chronologie chimique de la Voie lactée. La capacité de nos instruments, comme le James Webb, à capturer ces détails lors de passages aussi brefs devient un atout indispensable pour l’astronomie moderne.Find more reporting in our Technologie et science section.