Publié le 14 octobre 2025 à 13h38. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, suscite l’étonnement des astronomes en raison de caractéristiques inhabituelles qui pourraient remettre en question notre compréhension de ces objets célestes, voire suggérer une origine non naturelle.
- L’astrophysicien Avi Loeb, de l’université Harvard, estime que 3I/ATLAS présente sept anomalies qui pourraient indiquer qu’il ne s’agit pas d’un corps céleste ordinaire.
- La comète, qui se rapproche du Soleil, se distingue par sa taille colossale, sa composition métallique atypique et une trajectoire presque parfaitement alignée avec les planètes.
- 3I/ATLAS passera à proximité de Mars, de Vénus et de Jupiter dans un court laps de temps, un schéma que Loeb interprète comme une possible « trajectoire de navigation délibérée ».
Depuis plusieurs semaines, la comète 3I/ATLAS captive l’attention des astronomes et du grand public. Initialement perçue comme une simple comète, elle présente des particularités qui interrogent les lois naturelles connues. Sa luminosité, sa trajectoire et sa composition ont déclenché un débat sur son origine potentiellement non naturelle.
C’est l’astrophysicien Avi Loeb, de l’université Harvard, qui a été le premier à soulever des interrogations. Il met en garde contre une série d’irrégularités qui pourraient suggérer une origine autre que naturelle. Loeb n’en est pas à sa première déclaration de ce type : en 2017, il avait déjà émis l’hypothèse que l’objet interstellaire « Oumuamua » pourrait être une technologie fabriquée par une autre civilisation.
Loeb, titulaire d’un doctorat en physique et ancien directeur du département d’astronomie de Harvard, a fondé la Black Hole Initiative et l’Institut de théorie et de calcul du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics. Ses idées, bien que controversées, ne manquent pas de susciter le débat au sein de la communauté scientifique.
« Les dogmatiques qui insistent sur le fait que 3I/ATLAS est une comète doivent rendre des comptes et expliquer toutes ces anomalies. »
Avi Loeb, astrophysicien
Dans son blog, Loeb a recensé sept irrégularités qui remettent en question la définition scientifique d’une comète. Il explique que, prises individuellement, ces anomalies ne suffisent pas à conclure à une technologie avancée, mais qu’ensemble, elles forment un schéma trop étrange pour être ignoré.
Parmi ces anomalies, on note sa taille impressionnante : un diamètre de plus de 5 kilomètres et une masse estimée à 33 milliards de tonnes, bien supérieure à celle d’autres visiteurs interstellaires comme ‘Oumuamua ou 2I/Borisov. Les observations du télescope spatial Hubble ont également détecté une traînée lumineuse inhabituelle, faible et tardive, apparue des mois après l’entrée de l’objet dans le système solaire. Les comètes classiques libèrent des gaz beaucoup plus tôt.
Le spectre lumineux de 3I/ATLAS présente un rapport nickel/fer anormal, similaire à celui de certains alliages industriels. Elle contient également du dioxyde de carbone au lieu de l’eau, une caractéristique inédite pour une comète.
Parmi les éléments qui ressortent le plus de la comète 3I/ATLAS figurent sa taille colossale, sa composition métallique inhabituelle et sa trajectoire presque parfaitement alignée avec les planètes. (Photo : NASA/ESA)
Sa lumière présente également une polarisation extrêmement négative, ce qui pourrait indiquer une surface réfléchissante ou polie.
De plus, sa trajectoire est presque parfaitement alignée avec le plan des planètes, une coïncidence dont la probabilité est estimée à un sur un million, selon les calculs de Harvard.
L’objet passera à proximité de Mars, de Vénus et de Jupiter dans un court intervalle de temps, un schéma que Loeb décrit comme une possible « trajectoire de navigation délibérée ».
Plus étonnant encore, sa direction coïncide presque exactement avec celle du célèbre signal WOW, capté en 1977 et associé depuis des décennies à une éventuelle transmission extraterrestre.
Loeb ne prétend pas qu’il s’agit d’un navire, mais assure que « nous devons examiner les données sans craindre l’inconnu ». (Photo : @NOIRLabAstroES/X)
« Je ne prétends pas que 3I/ATLAS est un vaisseau. Je dis simplement que nous devrions examiner les données sans craindre l’inconnu. »
Avi Loeb, astrophysicien
Au-delà des doutes et des théories entourant cette comète, Loeb s’accorde avec de nombreux experts sur un point : 3I/ATLAS continuera à surprendre le monde et, à mesure que de nouvelles données seront révélées, plus de questions se poseront que de réponses.
Trajectoire de 3I/ATLAS
Voici les informations essentielles concernant la trajectoire de la comète 3I/ATLAS :
- Origine : La comète provient de l’extérieur de notre système solaire, voyageant depuis l’espace interstellaire sur une orbite hyperbolique (non fermée).
- Vitesse record : Elle est entrée à une vitesse extrêmement élevée (environ 58 km/s, soit 208 800 km/h), ce qui en fait l’objet interstellaire le plus rapide connu.
- Approche solaire : Elle fera son approche la plus proche du Soleil (périhélie) fin octobre 2025, en passant à une distance comprise entre les orbites de la Terre et de Mars.
- Destination finale : Après avoir fait le tour du Soleil, sa vitesse élevée l’expulsera définitivement du système solaire, la renvoyant dans l’espace interstellaire.
Après être passée près de Mars, la comète s’approchera de son point le plus proche du Soleil le 30 octobre, selon la NASA. (Photo : NASA/JPL-Caltech)
D’où vient 3I/ATLAS ?
La comète 3I/ATLAS est un objet d’origine interstellaire, ce qui signifie qu’elle provient de l’extérieur de notre système solaire et n’est pas soumise à l’attraction gravitationnelle du Soleil.
Les astronomes la considèrent comme un ancien voyageur, potentiellement une « capsule temporelle » vieille de 10 milliards d’années, née à l’aube de la Voie lactée, peut-être dans le disque galactique épais où résident les étoiles les plus anciennes.
Son étude est essentielle car elle offre un échantillon des matériaux qui composent d’autres systèmes planétaires lointains.
Pourquoi s’appelle-t-elle 3I/ATLAS ?
Le nom 3I/ATLAS est composé de plusieurs éléments qui décrivent la nature et la découverte de l’objet. Le segment « ATLAS » fait référence au fait qu’elle a été découverte par l’équipe du télescope Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, un système d’observation conçu pour détecter les astéroïdes susceptibles de percuter la Terre. Ce télescope est responsable de la découverte, conformément à la convention astronomique consistant à nommer les comètes ou les corps mineurs d’après la personne ou l’équipe qui les découvre.
La partie « 3I » indique deux caractéristiques fondamentales de cet objet. Le chiffre « 3 » signifie qu’il s’agit du troisième objet interstellaire connu observé traversant notre système solaire, après 1I/’Oumuamua et 2I/Borisov. La lettre « I » signifie précisément « Interstellaire », confirmant que l’objet provient de l’extérieur de notre système solaire, voyageant depuis l’espace profond d’une autre étoile ou région de la galaxie.
