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538 morts lors de la répression des manifestations en Iran : rapport

by Clara Dubois

La répression des manifestations qui secouent l’Iran a fait au moins 538 morts, selon des militants, tandis que Téhéran menace désormais les États-Unis et Israël d’être considérés comme des « cibles légitimes » si Washington intervient pour soutenir les protestataires.

Plus de 10 600 personnes ont été arrêtées en deux semaines de contestation, a indiqué l’agence américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA), qui s’est avérée fiable lors de précédentes vagues de troubles en Iran. L’accès à l’information reste toutefois difficile en raison des coupures d’internet et des perturbations des réseaux téléphoniques dans le pays.

Le gouvernement iranien n’a pas publié de bilan officiel des victimes. L’agence Associated Press n’a pas pu vérifier de manière indépendante les chiffres avancés par les militants, compte tenu du black-out médiatique en Iran.

Des craintes grandissent quant à une escalade de la violence, les autorités iraniennes pouvant profiter de l’absence d’informations pour intensifier la répression. Des manifestants ont été signalés dans les rues de Téhéran et de Machhad, la deuxième ville du pays, ce dimanche.

Le président américain Donald Trump a exprimé son soutien aux manifestants sur les réseaux sociaux, déclarant : « L’Iran aspire à la LIBERTÉ, peut-être plus que jamais. Les États-Unis sont prêts à aider !!! »

Selon des sources proches de la Maison Blanche, l’administration Trump étudie diverses options de réponse, allant de cyberattaques à des frappes militaires directes, menées par les États-Unis ou Israël. La Maison Blanche n’a pas confirmé ces informations, mais a précisé qu’aucune décision n’avait été prise à ce stade. Le déploiement militaire américain dans les Caraïbes est également pris en compte dans les évaluations.

La menace envers les États-Unis et Israël a été formulée par Mohammad Baagher Qalibaf, le président du Parlement iranien, lors d’une session parlementaire dimanche. Il a directement menacé Israël, qu’il qualifie de « territoire occupé », ainsi que les forces américaines, évoquant la possibilité d’une frappe préventive.

« En cas d’attaque contre l’Iran, le territoire occupé et tous les centres militaires américains, bases et navires dans la région seront nos cibles légitimes », a déclaré Qalibaf. « Nous n’attendrons pas une action ennemie pour réagir et agirons face à tout signe objectif de menace. » Des cris de « Mort à l’Amérique ! » ont retenti dans l’hémicycle.

La crédibilité de ces menaces reste incertaine, notamment après les récentes pertes subies par les défenses aériennes iraniennes lors d’affrontements avec Israël en juin. La décision finale d’entrer en guerre revient à l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême iranien.

L’armée américaine a affirmé disposer de forces au Moyen-Orient « capables de couvrir toute la gamme des opérations de combat pour défendre nos forces, nos partenaires, nos alliés et les intérêts américains ». L’Iran a déjà ciblé des forces américaines en juin, notamment la base aérienne d’Al Udeid au Qatar, et la 5e flotte de la marine américaine est stationnée à Bahreïn.

Israël « suit de près » la situation, selon un responsable israélien qui a souhaité rester anonyme. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a discuté de la situation avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, soulignant « l’immense héroïsme » des citoyens iraniens.

Le pape Léon XIV a également exprimé son inquiétude face aux tensions en Iran, appelant au dialogue et à la paix pour « le bien commun de l’ensemble de la société ».

Des vidéos diffusées en ligne, probablement via des terminaux Starlink, montrent des manifestants rassemblés dans le quartier de Punak, au nord de Téhéran, où les autorités auraient bloqué les rues. Les manifestants brandissent leurs téléphones portables et lancent des feux d’artifice.

Selon l’agence HRANA, les manifestations dans la capitale se déroulent sous la forme de rassemblements dispersés et de courte durée, une stratégie adoptée en réponse à la forte présence des forces de sécurité. Des drones de surveillance et des mouvements de troupes ont été signalés.

Des affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont également été rapportés à Machhad et Kerman. La télévision d’État iranienne a diffusé des images de villes calmes, sans inclure Téhéran ou Machhad.

La rhétorique du gouvernement s’est durcie, Ali Larijani, un haut responsable de la sécurité, accusant certains manifestants d’actes similaires à ceux commis par l’État islamique (Daech). La télévision d’État a diffusé des images de funérailles de membres des forces de sécurité tués, ainsi que des informations sur de nouvelles victimes à Kermanshah, dans la province du Fars et dans le Khorasan du Nord.

Même le président réformateur iranien Masoud Pezeshkian, qui avait initialement tenté d’apaiser les tensions, a adopté un ton plus ferme, soulignant la nécessité de ne pas laisser « un groupe d’émeutiers détruire la société entière ».

Le prince héritier iranien en exil, Reza Pahlavi, a appelé les manifestants à descendre dans la rue ce dimanche. Des slogans en faveur du Shah ont été entendus lors de certaines manifestations, bien qu’il ne soit pas clair s’il s’agit d’un soutien direct à Pahlavi ou d’une nostalgie pour l’époque pré-révolutionnaire. Le soutien de Pahlavi à Israël a suscité des critiques par le passé.

Les manifestations ont débuté le 28 décembre suite à l’effondrement du rial iranien (plus de 1,4 million pour 1 dollar américain), exacerbé par les sanctions internationales imposées en raison du programme nucléaire iranien. Les protestations se sont rapidement transformées en appels à la remise en question de la théocratie iranienne.

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