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(Multimédia) Le CGRI iranien affirme avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à

by Clara Dubois
Le CGRI cible les infrastructures américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar

Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran a frappé jeudi des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn. Cette riposte fait suite à des frappes américaines menées le 8 juillet en Iran, visant à protéger la navigation dans le détroit d’Ormuz, alors que le président Donald Trump a déclaré le cessez-le-feu terminé.

Le cycle de violence qui s’est enclenché ce mercredi marque une rupture brutale avec le fragile protocole d’accord signé le 17 juin dernier. Ce qui était présenté comme un terrain d’entente pour mettre fin à une guerre déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine s’est transformé en un échange de coups massifs, déstabilisant l’ensemble du Golfe et propulsant les marchés énergétiques dans la tourmente.

Le CGRI cible les infrastructures américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar

L’Iran a choisi de répondre aux frappes de Washington par une offensive multi-sites. Selon un communiqué relayé par Xinhua, le CGRI a visé des installations clés, notamment le camp Arifjan et la base aérienne Ali Al Salem au Koweït, ainsi que les bases de Juffair et de Sheikh Isa à Bahreïn.

Le CGRI cible les infrastructures américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar

L’opération ne s’est pas limitée à des bases classiques. Téhéran a déployé un grand nombre de drones kamikazes de différents types pour frapper des cibles stratégiques : un système d’interception de missiles Patriot au Koweït, des réservoirs de carburant à Bahreïn et un système d’alerte précoce au Qatar, comme le rapporte France 24.

Le CGRI cible les infrastructures américaines au Koweït, à Bahreïn et au Qatar
Photo: Le360

“dans le cadre de la première phase d’une riposte punitive contre les violeurs de traité américains”

CGRI, via Press

L’ampleur de la riposte est significative. Le CGRI affirme avoir frappé 85 installations sur les bases américaines du Koweït et de Bahreïn et avoir abattu un drone MQ-9. Cette stratégie de dispersion des frappes montre la volonté de Téhéran de transformer le conflit en une guerre régionale, avertissant que tout soutien apporté aux États-Unis fera de ses alliés des cibles légitimes.

Bilan humain et paralysie des infrastructures en Iran

Du côté iranien, le coût humain des frappes américaines commence à être officialisé. Le ministère de la Santé a communiqué un bilan de 14 morts et 78 blessés, dont 47 sont toujours hospitalisés. Dans la province du Khuzestan, une attaque à la périphérie d’Ahvaz a coûté la vie à trois personnes.

L’impact ne s’est pas limité aux pertes humaines. Le chaos a touché le cœur logistique du pays au moment où l’Iran organisait les funérailles du guide suprême Ali Khamenei. La liaison ferroviaire entre Téhéran et Mashhad a été suspendue après ce que les Chemins de fer de la République islamique d’Iran ont qualifié d’attaque criminelle perpétrée par l’ennemi américano-israélien.

L’armée américaine a indiqué avoir visé entre 80 et 90 cibles sur le sol iranien. L’objectif affiché par le Commandement central américain était de dégrader la capacité de l’Iran “à menacer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz”. Des explosions ont d’ailleurs été signalées dans la ville portuaire de Bouchehr, à proximité de l’île de Kharg, le terminal par lequel transite normalement la majeure partie du brut iranien.

Donald Trump acte la fin du cessez-le-feu et secoue le pétrole

Le ton est monté d’un cran à Ankara, lors d’un sommet de l’Otan. Interrogé sur l’avenir des négociations, le président Donald Trump a été catégorique : le cessez-le-feu est terminé.

L'armée israélienne affirme avoir pris pour cible le quartier général des drones iranien

“En ce qui me concerne, c’est terminé (…) c’est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs”

Donald Trump, via Le360

Cette déclaration, assortie d’insultes envers les dirigeants iraniens, a provoqué une réaction immédiate sur les marchés. Le baril de Brent, référence internationale, a bondi après ces propos pour atteindre 78,88 dollars. Cette volatilité reflète la crainte d’un blocage total du détroit d’Ormuz, point de passage critique pour une part importante du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial.

L’escalade est également économique. Washington a rétabli les sanctions sur le brut iranien, annulant les mesures de levée prévues par le protocole du 17 juin. Pour l’administration Trump, la rupture est consommée, même s’il a laissé une porte entrouverte pour que ses négociateurs continuent de discuter, à condition que Téhéran revienne vers lui.

L’effort diplomatique du Qatar face à l’impasse

Au milieu de ce bras de fer, le Qatar tente de jouer les médiateurs, bien qu’il soit lui-même touché par les hostilités. Le pays a subi des attaques de drones sur son territoire et l’un de ses pétroliers a été visé dans le détroit d’Ormuz en début de semaine.

L'effort diplomatique du Qatar face à l'impasse
Photo: France 24

Le Premier ministre qatari, le cheikh Mohammed bin Abdulrahman al-Thania, a mené des efforts diplomatiques urgents, s’entretenant avec le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi. Doha appelle Washington et Téhéran à mettre en œuvre le protocole d’accord initial pour éviter un embrasement total.

La situation reste cependant extrêmement précaire. L’Iran refuse tout retour à la situation d’avant-guerre, notamment concernant la gratuité du passage dans le détroit d’Ormuz. En menaçant les navires qui contourneraient l’itinéraire autorisé le long de ses côtes, Téhéran maintient une pression maximale sur l’économie mondiale.

Le conflit entre dans une phase d’incertitude où la rhétorique martiale l’emporte sur la diplomatie. Entre les menaces du CGRI d’élargir ses frappes à d’autres bases régionales et la détermination de Donald Trump à ne plus négocier avec des partenaires qu’il juge indignes, le risque d’une guerre ouverte et prolongée dans le Golfe est désormais le scénario dominant.

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