Les assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) s’ouvrent ce lundi 25 mai à Brazzaville. La 61e session du Conseil des gouverneurs se tient dans un climat de tension financière, alors que le continent doit mobiliser des ressources massives pour combler ses déficits de développement structurel et climatique.
L’ampleur du déficit : un mur financier pour l’Afrique
Le diagnostic posé par l’institution est sans appel. Pour atteindre les Objectifs de développement durable d’ici 2030, l’Afrique doit faire face à un besoin de financement annuel dépassant les 1 300 milliards de dollars. Ce montant est loin d’être une simple estimation théorique ; il reflète une réalité de terrain marquée par des manques criants dans des secteurs vitaux. Selon les données de Maghreb Emergent, le déficit lié à la transformation structurelle du continent s’élève à 402,2 milliards de dollars par an. À cela s’ajoutent des besoins colossaux pour les infrastructures, estimés entre 184 et 221 milliards de dollars annuels, et un déficit de financement climatique qui frôle les 213,4 milliards de dollars. Cette pression financière survient à un moment de vulnérabilité accrue. L’aide publique au développement et les investissements directs étrangers sont en recul, tandis que le coût du capital augmente. Parallèlement, plusieurs nations industrialisées réorientent leurs budgets vers des priorités militaires et industrielles, laissant le continent africain face à un besoin urgent d’innovation financière.L’ascension de Sidi Ould Tah et le record du FAD
L’arrivée de Sidi Ould Tah à la tête de la BAD marque un tournant dans la gouvernance de l’institution. Élu le 29 mai 2025 avec un score de 76,18 % des voix, l’ancien président de la BADEA a entamé son mandat avec une dynamique de mobilisation de ressources qui n’a pas de précédent. En décembre 2025, à Londres, il a orchestré la 17e reconstitution des ressources du Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel du Groupe. Cette opération a permis de lever 11 milliards de dollars auprès de 43 partenaires, un résultat supérieur de 23 % au cycle précédent. Ce succès est aussi le signe d’un changement de paradigme dans la participation continentale.Ce n’est pas symbolique. C’est une véritable transformation. L’Afrique n’est plus seulement bénéficiaire de financements concessionnels.
Brazzaville : l’impératif d’une souveraineté financière

- Ce montant est supérieur aux besoins annuels pour atteindre les Objectifs de développement durable.
- Sa réalisation dépend de la réduction des pertes de recettes fiscales.
- L’amélioration de la gouvernance institutionnelle reste la condition sine qua non pour capter ces fonds.