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Lorsque le Premier ministre Mark Carney a dévoilé cette semaine les cinq premiers projets de «construction nationale» de son gouvernement, l’accent était mis sur l’échelle et l’ambition. L’expansion du GNL à Kitimat, un petit réacteur modulaire à Darlington, le terminal de conteneurs de l’UPPecoeur à Montréal et les développements minéraux critiques en Colombie-Britannique et en Saskatchewan démontrent que Ottawa est prêt à accélérer les projets majeurs qui renforcent la compétitivité du pays. L’énergie, les infrastructures et l’exploitation minière sont les éléments constitutifs de la croissance, et Carney signale qu’il a l’intention de les mettre au centre de sa stratégie économique.
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Pourtant, toute leur importance, ces initiatives mettent en évidence une omission flagrante: la nourriture. Le Canada est l’une des plus grandes pacanes mondiales, un fournisseur fiable de produits sûrs et de haute qualité et abrite l’un des écosystèmes alimentaires les plus innovants du monde. L’agriculture et l’agro-alimentation génèrent plus de 90 milliards de dollars d’exportations chaque année et soutiennent un emplois canadiens sur neuf. Mais dans ce premier cycle de projets de construction nationale, le secteur était largement absent. Bien que l’expansion chez Contcoeur aidera à faciliter l’expédition des goulots d’étranglement pour les céréales et les aliments transformés, et l’énergie nucléaire stable peut éventuellement réduire les coûts pour les transformateurs et les opérateurs de serre, ce sont des avantages indirects. L’agriculture et la nourriture méritent leurs propres investissements directs à grande échelle.
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Certes, certaines vulnérabilités du système nécessitent une attention. Le secteur de l’emballage du bœuf de l’Ouest canadien, par exemple, est concentré depuis longtemps dans quelques installations massives. Lorsque l’un d’eux éprouve un différend de main-d’œuvre ou une fermeture, les effets se répercutent sur la chaîne d’approvisionnement, laissant les agriculteurs et les consommateurs exposés. L’élargissement et la modernisation de la capacité d’emballage du boeuf aideraient, mais ce n’est qu’une pièce d’un puzzle beaucoup plus large. Si le Canada veut obtenir sa place de puissance alimentaire mondiale, elle a besoin de projets qui correspondent à l’ambition de ceux annoncés cette semaine, des projets qui répondent aux besoins structurels de notre système alimentaire.
Cinq de ces projets viennent à l’esprit. Un terminal de grains et d’impulsions de la passerelle des prairies, un nouveau centre de rail et prêt pour l’exportation en Saskatchewan ou au Manitoba, permettrait à un canola, des pois, des lentilles et du blé pour atteindre les marchés mondiaux à grande échelle, l’équivalent des prairies de Contreveur. Une protéine Supercluster 2.0, un couloir de plusieurs milliards de dollars des usines de transformation de pointe, transformerait les protéines végétales, l’huile de canola et les biocarburants en exportations de plus grande valeur. Un campus national de sciences des plantes et des animaux, modélisé sur les Wageningen aux Pays-Bas, centraliserait la reproduction avancée, la recherche sur les cultures résilientes au climat et la génomique du bétail, fournissant le type de science de lune au Canada. Les couloirs de souveraineté des aliments du Nord, avec des investissements dans l’agriculture verticale et les serres, réduiraient la dépendance à des importations coûteuses, amélioreraient l’accès aux aliments frais dans les communautés du nord et des autochtones et faisaient progresser la réconciliation. Enfin, un réseau de traçabilité alimentaire numérique créerait une plate-forme nationale pour suivre les produits de la ferme à la fourche en utilisant la blockchain et l’IA, réduisant les déchets, rassurant les consommateurs et donnant aux exportations canadiennes un avantage décisif sur les marchés où la transparence est primordiale.
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Le premier ensemble de projets de Carney a été conçu pour montrer que le Canada peut penser grand et agir rapidement. Mais si cette stratégie doit être complète, la nourriture doit faire partie de l’équation. Nourrir le pays – et une grande partie du monde – ne peut rester une réflexion après coup. De plus, si le Canada doit être pris au sérieux en tant qu’acteur mondial, la culture de la bureaucratie et de l’incertitude auto-infligée qui a ralentie tant d’initiatives passées doit être muet et finalement éliminée. Les investisseurs, les agriculteurs et les innovateurs ont besoin de prévisibilité et de vitesse, et non de désabonnement réglementaire sans fin.
En bref, la construction de mines et des réacteurs peut alimenter la prospérité, mais la construction de l’infrastructure, de la science et de l’innovation pour soutenir nos systèmes alimentaires est ce qui le garantira. Le vrai pouvoir du Canada ne réside pas seulement sous le sol, mais aussi dans les champs, les laboratoires et les chaînes d’approvisionnement qui gardent les assiettes pleines au pays et à l’étranger.
– Sylvain Charlebois est directeur du laboratoire d’analyse agro-alimentaire de l’Université Dalhousie, co-animateur du podcast du professeur alimentaire et boursier invité à l’Université McGill.
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2025-09-12 11:52:00