Home Technologie et scienceUne étude qui révèle la colonisation des microbes d’une vieille buse de météores il y a 73 millions d’années

Une étude qui révèle la colonisation des microbes d’une vieille buse de météores il y a 73 millions d’années

by Thomas Caron

La vie microbienne a prospéré dans une météorite pendant des millions d’années

Dans une découverte scientifique majeure, une équipe de recherche de l’Université de Lynier en Suède a révélé le premier calendrier précis reliant le retour de la vie microbienne à une ancienne météorite. L’étude, publiée dans Nature Communications, a démontré que des bactéries ont colonisé la météorite de Lappajärvi peu de temps après la collision qui l’a formée il y a environ 78 millions d’années, suggérant que de tels événements catastrophiques peuvent créer des environnements propices à la vie à long terme.

La vie dans la météorite de Lappajärvi

En utilisant des techniques de datation radiométrique et des analyses isotopiques, les chercheurs ont pu déterminer une séquence temporelle précise de l’apparition de la vie dans la météorite. Ils ont constaté que des veines métalliques s’étaient formées environ 73,6 millions d’années après la collision (soit 4 à 5 millions d’années après l’impact), lorsque les roches environnantes se sont refroidies à environ 47 degrés Celsius. Ces veines contenaient des cristaux de bayrite (sulfure de fer) présentant des rapports isotopiques inhabituels, avec de faibles niveaux de l’isotope lourd du soufre (S-34), un indicateur classique de l’activité bactérienne dans la réduction des sulfates.

Environ 10 millions d’années après la collision, d’autres minéraux ont révélé des isotopes associés à des microbes impliqués dans la production de méthane, confirmant l’existence d’un système environnemental microbien profond qui a continué de prospérer à l’intérieur de la météorite malgré l’augmentation progressive de la température.

Un nouvel horizon en recherche en biologie astrochimique

Les chercheurs soulignent que ces résultats ouvrent une nouvelle fenêtre en biologie astrochimique. L’auteur principal, Henrik Drake, explique qu’il s’agit de la première fois qu’une activité microbienne est directement liée et documentée à un événement de collision de météorite, prouvant que les météorites peuvent rester viables pendant de longues périodes après leur formation. Un chercheur participant a ajouté que les preuves antérieures étaient des indications générales, tandis que cette étude fournit une chronologie précise du moment où la colonisation microbienne a commencé.

L’équipe note que la chaleur hydrothermale des météorites sur d’autres planètes, telles que Mars ou Europe (une lune de Jupiter), pourrait fournir des conditions similaires à l’émergence ou à la continuité de la vie. En d’autres termes, l’histoire des collisions violentes pourrait paradoxalement être l’un des facteurs contribuant à l’émergence de la vie et à sa pérennité.

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