Publié le 27 septembre 2025 à 19h01. Des scientifiques, dont un géologue espagnol, ont identifié dans une roche martienne collectée par le rover Perseverance des indices potentiels de vie microbienne ancienne, une découverte qui pourrait révolutionner notre compréhension de la planète rouge.
- Une roche baptisée « Sapphire Canyon » présente des caractéristiques suggérant un environnement propice à la vie dans le passé.
- Le géologue espagnol Jesús Martínez-Frías, membre de l’équipe de la NASA, a joué un rôle clé dans l’analyse de cette roche.
- Les échantillons collectés par Perseverance seront, dans un futur proche, ramenés sur Terre pour des analyses plus approfondies.
L’annonce, faite le 10 septembre, est basée sur l’étude d’une roche prélevée dans le cratère Jezero, un ancien lit de lac asséché alimenté par des cours d’eau. Les résultats, publiés dans la prestigieuse revue scientifique Nature, indiquent que cette roche contient des textures et des minéraux spécifiques, notamment des sulfures de fer, qui pourraient être le résultat d’une activité biologique passée. Selon Sean Duffy, administrateur par intérim de la NASA, cette découverte représente « la piste la plus prometteuse que nous ayons jamais trouvée concernant la vie sur Mars ».
Jesús Martínez-Frías, géologue au Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) en Espagne et membre de l’équipe de la mission Perseverance depuis plus de deux décennies (après avoir participé à la mission Curiosity), explique que l’équipe a détecté des anomalies intéressantes dans le cratère Jezero en juillet dernier.
« La roche contient des textures, des micronodules, des fronts de réaction et d’autres textures uniques, avec des caractéristiques minéralogiques et géochimiques, ainsi que des sulfures de fer dans un contexte pétrologique sédimentaire lutitique, qui suggèrent une habitabilité dans l’ancien Mars. »
Jesús Martínez-Frías, géologue au CSIC
L’expert madrilène souligne que la combinaison de ces éléments suggère des processus potentiellement liés à l’activité microbienne. C’est pourquoi les scientifiques utilisent le terme de « biofirmes » pour désigner ces indices. Il précise qu’il s’agit d’une découverte plus significative que ce qu’il espérait trouver sur Mars.
« Je ne m’attendais pas à trouver une roche aussi intéressante et avec autant de possibilités, car la roche Sapphire Canyon est très inhabituelle et diffère de tout ce qui a été trouvé sur Mars lors de cette mission NASA-Mars2020 et lors d’autres missions précédentes. »
Jesús Martínez-Frías, géologue au CSIC
Avant la publication de l’article dans Nature, les chercheurs ont rigoureusement analysé toutes les données, en considérant à la fois les explications biologiques et non biologiques. Les résultats ont également été présentés et débattus lors du dernier congrès du LPSC (Lunar and Planetary Science Conference).
La prochaine étape cruciale consiste à ramener la roche Sapphire Canyon sur Terre pour des analyses plus poussées. Elle fait partie des 27 échantillons rocheux collectés et stockés par le rover Perseverance. La mission de retour d’échantillons de Mars, bien que sans date précise pour le moment, est essentielle pour confirmer la présence de biofirmes potentielles. Martínez-Frías salue l’organisation et la préparation de la NASA pour mener à bien cette mission complexe.
Le géologue souligne que la recherche sur Mars repose sur quatre piliers : les météorites martiennes, les missions sur Mars, les chambres de simulation martienne et les analogues martiens (sites terrestres présentant des similitudes avec l’environnement martien, comme Lanzarote et Tenerife). Il exprime son optimisme quant à la viabilité et au succès de la mission de retour d’échantillons, qui pourrait bénéficier d’un financement accru grâce à cette découverte prometteuse.
Martínez-Frías, dont le parcours scientifique a débuté en 1986, est également le fondateur et le président du Réseau espagnol de planétologie et d’astrobiologie, et membre de plusieurs sociétés savantes. Il combine son travail au CSIC et à la NASA avec des responsabilités universitaires et scientifiques, tout en gardant l’enthousiasme d’un enfant qui a vu l’homme fouler la Lune. Il espère un jour assister à l’arrivée de l’être humain sur Mars, mais, en attendant, son travail contribue à répondre à la question fondamentale de savoir si la vie a existé sur la planète rouge.

L’image publiée après la découverte de la persévérance dans Mars.
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