L’astronaute canadien Joshua Kutryk s’envolera vers la Station spatiale internationale (SSI) dès la mi-septembre 2026 à bord d’une capsule SpaceX Crew Dragon. Ce vol, dans le cadre de la mission Crew-13 de la NASA, marque la première fois qu’un représentant de l’Agence spatiale canadienne participe au programme d’équipage commercial de la NASA.
Le décollage est prévu au plus tôt à la mi-septembre depuis le Centre spatial Kennedy en Floride, selon les informations de Tvanouvelles. Joshua Kutryk, 45 ans et originaire de Fort Saskatchewan en Alberta, effectuera son premier voyage spatial pour une mission de six mois. Il rejoindra un équipage composé de Jessica Watkins et Luke Delaney de la NASA, ainsi que du cosmonaute russe Sergueï Teteryatnikov.
La mission Crew-13 et le partenariat avec SpaceX
Ce voyage constitue le 14e vol habité du vaisseau Dragon de SpaceX pour le compte de la NASA. La mission Crew-13 a pour objectif principal le remplacement de l’équipage de la mission Crew-12, présent dans la station depuis février 2026. Ce passage de relais implique une cohabitation temporaire où les 11 astronautes — les sept déjà en poste et les quatre nouveaux arrivants — partageront la station pendant quelques jours pour la passation des tâches.

Le transport des astronautes repose sur un modèle commercial initié en 2020. Mathieu Caron, directeur du Bureau des astronautes de l’Agence spatiale canadienne (ASC), a précisé à Ledevoir qu’avant 2011, seules les navettes américaines et les capsules Soyouz russes permettaient d’accéder à la SSI. Le retrait des navettes en 2011 avait laissé la Soyouz comme unique option jusqu’à l’arrivée des capsules Crew Dragon.
La sécurité du séjour repose sur la présence constante d’un vaisseau de secours. La capsule Crew Dragon-13 restera amarrée à la station durant tout le séjour de Kutryk et ses collègues, servant de bateau de sauvetage en cas de pépins
, selon M. Caron.
Recherche médicale et expertise robotique de Joshua Kutryk
Au-delà du transport, la mission s’articule autour d’objectifs scientifiques précis. Joshua Kutryk apportera son expertise en robotique pour l’entretien du système de maintenance canadien, le Canadarm2. En parallèle, le Canada finance des recherches sur les effets de la microgravité et des radiations sur la santé humaine.
L’environnement spatial sert de modèle pour étudier le vieillissement accéléré. Selon lapresse.ca, ces études pourraient permettre de faire progresser la médecine terrestre, notamment pour le développement de traitements contre l’ostéoporose ou les maladies cardiaques, car la densité osseuse et la santé cardiovasculaire sont directement affectées dans l’espace.
Ce volet scientifique s’inscrit dans une stratégie plus large. M. Caron a affirmé que les sciences de la vie dans l’espace sont devenues un créneau pour le Canada
.
Un tremplin vers Artemis et la Lune
La Station spatiale internationale, située à environ 400 kilomètres d’altitude, sert de laboratoire pour les ambitions futures. Les expériences menées par l’équipage de la Crew-13 visent à comprendre comment les humains peuvent vivre et travailler durablement dans l’espace. Cette étape est jugée essentielle avant les missions Artemis vers la Lune, puis vers Mars.

L’échelle des distances souligne l’importance de ces tests : Joshua Kutryk a rappelé à Tvanouvelles que la Lune se trouve environ 1 000 fois plus loin que la SSI. Un représentant de l’ASC a ajouté que les missions en basse orbite terrestre sont indispensables pour rendre possibles les explorations lointaines.
L’enjeu du démantèlement de la station en 2030
Joshua Kutryk est le quatrième Canadien à effectuer un séjour de longue durée à la SSI, succédant à David Saint-Jacques dont la mission s’est achevée en juin 2019. Cependant, le timing de ce vol pourrait être historique pour une autre raison : la NASA prévoit le démantèlement de la station d’ici 2030.

L’éducateur spatial Trevor Kjorlen a suggéré à La Presse Canadienne que Kutryk pourrait être le dernier Canadien à vivre à bord de la station. Il a décrit les six prochains mois suivant le lancement comme une occasion pour les Canadiens de voir la station avec l’un des leurs à bord avant sa disparition.
Le parcours de l’astronaute, sélectionné par l’ASC en 2017, combine une formation en génie mécanique et une expérience de pilote d’essai et de pilote de chasse sur CF-18.
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