Home SantéASS: Mieux vaut pas un apport préventif?

ASS: Mieux vaut pas un apport préventif?

by Sophie Martin

Publié le 28 septembre 2025. La consommation préventive d’acide acétylsalicylique (AAS), communément appelé aspirine, est remise en question par de nouvelles études qui soulignent un risque accru de saignements sans bénéfice cardiovasculaire significatif pour les personnes âgées en bonne santé.

  • Une étude récente confirme que l’AAS n’apporte aucun avantage significatif aux personnes âgées sans antécédents cardiaques.
  • La prise préventive d’AAS peut augmenter le risque de saignements, et cet effet persiste même après l’arrêt du traitement.
  • L’AAS n’est plus considéré comme un traitement de premier choix après un infarctus, le clopidogrel étant désormais privilégié.

L’acide acétylsalicylique (AAS) est largement utilisé pour soulager la douleur et la fièvre, mais également pour prévenir les événements cardiovasculaires. Cependant, des recherches récentes remettent en cause l’efficacité de cette prévention, en particulier chez les patients âgés. L’étude Arpree (Aspirine dans la réduction des événements chez les personnes âgées), une vaste étude observationnelle, a révélé que la prise préventive d’AAS n’offre aucun avantage significatif aux personnes de plus de 65 ans sans antécédents de maladies cardiaques.

Les résultats de cette étude, suivis sur une période d’environ 8,3 ans auprès de plus de 19 000 patients, indiquent que l’administration de 100 mg d’AAS par jour pendant cinq ans n’a pas permis de réduire significativement le taux d’événements cardiovasculaires chez les participants en bonne santé. Au contraire, le risque de saignement a augmenté de manière notable. Près de 100 nouveaux cas de saignement ont été observés chez les patients sous AAS par rapport au groupe placebo.

Un phénomène de “rebond” a également été constaté : après l’arrêt du traitement, le risque d’événements cardiovasculaires a augmenté significativement. 381 personnes ayant pris de l’AAS ont subi un événement cardiovasculaire dans les quatre années suivant l’arrêt du traitement, contre 328 dans le groupe placebo. Les chercheurs attribuent cette augmentation à une reprise de l’activité de la cyclooxygénase, une enzyme impliquée dans l’agrégation plaquettaire, après l’arrêt de l’AAS.

L’AAS agit en inhibant la cyclooxygénase-1 (COX-1). À des doses de 100 mg, il est utilisé pour traiter l’angine de poitrine instable ou un infarctus aigu du myocarde. Des doses plus faibles, de 75 à 300 mg, sont utilisées pour inhiber l’agrégation des plaquettes sanguines, tandis que des doses plus élevées, de 500 à 1 000 mg, ont un effet analgésique prédominant. La dose maximale quotidienne recommandée est de 3 000 mg.

AAS : la prise préventive peut augmenter le risque de saignement

Ces conclusions confirment des données antérieures et soulignent la nécessité d’une évaluation attentive des bénéfices et des risques de la prise préventive d’AAS. Les chercheurs de l’Université Monash de Melbourne (Australie) insistent sur le fait que les bénéfices potentiels de l’AAS doivent être mis en balance avec le risque accru de saignement, en particulier chez les patients âgés.

Il est également important de noter que l’AAS n’est plus considéré comme un traitement de premier choix après un infarctus. Selon les résultats de l’étude Attend le clopidogrel l’effet, le clopidogrel s’avère plus efficace pour prévenir les récidives chez les patients cardiaques.

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Annabell Wagner fait partie de PTA in Love depuis 2019 et est rédactrice adjointe en chef depuis l’été 2023. Elle suit de près les questions de santé et fournit à ses lecteurs des informations actualisées sur la politique pharmaceutique, la médecine et la santé depuis 2016. Annabell est passionnée par la pharmacie et apprécie l’esprit de collaboration et l’expertise de ses collègues.


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