Publié le 28 septembre 2025 à 17h44. L’ancien ministre chinois de l’Agriculture, Tang Renjian, a été condamné à mort avec sursis pour corruption, dans le cadre de la vaste campagne anti-corruption menée par le président Xi Jinping. Cette condamnation intervient après une série d’enquêtes visant des hauts responsables, notamment dans l’armée.
- L’ancien ministre Tang Renjian a été reconnu coupable d’avoir accepté plus de 38 millions de dollars (268 millions de yuans) de pots-de-vin entre 2007 et 2024.
- La peine de mort avec sursis est une pratique courante en Chine, qui se transforme généralement en emprisonnement à vie si le condamné maintient un bon comportement pendant la période d’essai.
- Cette condamnation s’inscrit dans une campagne anti-corruption de grande ampleur menée par Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir, qui a déjà touché des centaines de milliers de fonctionnaires.
L’ancien ministre de l’Agriculture, Tang Renjian, âgé de 63 ans, a été condamné par un tribunal de la province du Jilin pour corruption. Selon l’accusation, il a accepté des pots-de-vin en espèces et en biens d’une valeur totale de plus de 268 millions de yuans (38 millions de dollars) sur une période s’étendant de 2007 à 2024. Le tribunal a justifié la sévérité de la peine par les “très graves pertes” causées aux intérêts de l’État et du peuple, tout en notant que l’accusé a avoué ses “crimes” et a exprimé des remords.
Avant d’occuper le poste de ministre de l’Agriculture entre 2020 et 2024, Tang Renjian avait été gouverneur de la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine, et vice-président de la région autonome du Guangxi, dans le sud du pays. Sa chute fait écho à celle d’autres hauts responsables récemment mis en cause pour corruption, notamment les anciens ministres de la Défense Li Shangfu et Wei Fenghe.
Li Shangfu, limogé de ses fonctions seulement sept mois après sa nomination, a également été exclu du Parti communiste chinois pour des infractions liées à la corruption, selon les médias d’État. Son successeur, Dong Jun, ferait lui aussi l’objet d’une enquête pour des faits de corruption, selon des informations de presse. La purge semble particulièrement toucher les forces armées, avec au moins 45 officiers de l’Armée populaire de libération et du complexe militaro-industriel chinois visés par des enquêtes depuis 2023, selon la Fondation Jamestown.
En 2024, le Parti communiste chinois a discipliné 889 000 membres, dont 73 occupaient des postes au niveau provincial ou ministériel, voire supérieur, selon les statistiques officielles. Depuis la fin de 2022, environ 10% du comité central du parti auraient été purgés, marginalisés ou absents des réunions importantes, d’après les analyses de Wu Guoguang de Stanford.
Les purges menées par Xi Jinping sont comparées par certains analystes aux campagnes d’épuration orchestrées par d’autres dirigeants autoritaires tels que Staline et Mao Zedong. Wu Guoguang décrit un «cycle récurrent» où les purges politiques suivent des échecs de gouvernance et conduisent à une centralisation accrue du pouvoir. La campagne anti-corruption de Xi Jinping, intensifiée après son troisième mandat en 2022, vise à consolider son pouvoir en plaçant ses alliés aux postes clés, soulevant des interrogations sur les raisons pour lesquelles il continue de purger même les fonctionnaires qu’il a lui-même nommés.
Selon les experts, la paranoïa pourrait jouer un rôle central dans ces régimes autoritaires, où même les personnes loyales peuvent développer leurs propres intérêts et réseaux, représentant ainsi des risques potentiels pour le chef suprême.
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