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Les scientifiques trouvent des fragments de verre naturels qui révèlent un ancien cataclysme dans le sud de l’Australie

by Thomas Caron

Publié le 28 septembre 2025 22h34. Une étude menée par des scientifiques australiens et français révèle l’existence d’un impact d’astéroïde ancien, il y a 11 millions d’années, jusqu’alors inconnu, grâce à la découverte de fragments de verre naturels d’une composition unique dans le sud de l’Australie.

  • Des fragments de verre naturel, appelés tectites, ont été découverts dans le sud de l’Australie.
  • Ces tectites, baptisées “ananguitas”, datent d’un impact d’astéroïde survenu il y a 11 millions d’années.
  • L’absence de cratère visible pose un défi aux scientifiques, qui envisagent que le site d’impact se trouve en dehors de l’Australie.

Une équipe de chercheurs de l’Université Curtin (Australie) a identifié des fragments de verre naturel, connus sous le nom de tectites, qui témoignent d’un événement cataclysmique survenu il y a 11 millions d’années. Cette découverte, publiée dans la revue Letters of Science of the Earth and Planetary, suggère l’existence d’un impact d’astéroïde non répertorié jusqu’à présent, capable de modifier la surface de la Terre et d’apporter de nouvelles clés sur le passé de notre planète.

Les tectites australiennes se distinguent par leur composition chimique, leur âge et leur répartition géographique. Elles sont différentes des tectites d’Australasie, qui datent de seulement 780 000 ans. Selon Fred Jourdan, l’un des auteurs de l’étude, ces verres sont de véritables « capsules temporelles » qui enregistrent un événement d’impact dont nous ignorions l’existence.

« Ces verres sont des capsules temporelles qui enregistrent un événement d’impact que nous ne savions même pas. »

Fred Jourdan, auteur de l’étude

Plus de 400 échantillons ont été collectés au Musée sud-australien et analysés en laboratoire en France. Parmi eux, six fragments se sont avérés uniques. « Ces tectites ont une composition chimique inhabituelle, différente des autres tectites trouvées dans la région et sur d’autres continents », explique Anna Musolino, chercheuse à l’Université Aix-Marseille et principale auteure de l’étude.

Ces nouvelles tectites australiennes ont été baptisées “ananguitas”, en hommage aux populations autochtones Anangu. Leur répartition géographique est plus limitée que celle des tectites d’Australasie, ce qui suggère une origine spécifique et un processus de dispersion différent. Les scientifiques estiment que l’objet extraterrestre ou les conditions du lieu d’impact pourraient expliquer cette particularité.

L’une des principales énigmes soulevées par cette recherche est l’absence de cratère visible correspondant à l’impact supposé il y a 11 millions d’années. « Bien que l’impact ait dû être immense, les scientifiques n’ont pas encore trouvé le cratère », souligne Jourdan. L’analyse suggère que le site d’origine pourrait se trouver en dehors du territoire australien, potentiellement aux Philippines, en Indonésie ou en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Dans ces régions, l’activité volcanique et les changements géologiques survenus au cours des millions d’années auraient pu modifier, recouvrir ou détruire les traces visibles de l’impact. Comprendre la fréquence et l’ampleur des impacts d’astéroïdes sur Terre est essentiel pour évaluer les risques futurs et renforcer les mesures de défense planétaire, selon les chercheurs.

L’étude des “ananguitas” permet d’affiner la chronologie des collisions cosmiques et d’enrichir nos connaissances sur l’histoire de la Terre. Les prochaines étapes de la recherche consisteront à utiliser des technologies d’imagerie satellite et des analyses géochimiques de haute résolution pour identifier le site exact de l’impact et reconstruire les conséquences de ce choc avec une plus grande précision.

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