Lufthansa prévoit de réduire ses effectifs de 1 500 postes, principalement dans les fonctions support, sans recourir à des licenciements secs. Cette restructuration s’inscrit dans une tendance plus large d’automatisation des tâches grâce à l’intelligence artificielle, qui transforme le marché du travail allemand.
Le groupe aérien allemand vise à supprimer des emplois dans les domaines de la comptabilité, des ressources humaines et du service client, évitant soigneusement de toucher aux postes opérationnels tels que les pilotes et le personnel navigant. Lufthansa, qui emploie plus de 100 000 personnes à travers le monde, souhaite procéder à ces suppressions de manière « socialement acceptable », privilégiant le non-renouvellement des contrats et les départs à la retraite.
Le syndicat Verdi a immédiatement réagi en dénonçant ces plans, craignant qu’ils ne soient le prélude à des suppressions d’emplois plus importantes en Allemagne. Selon Verdi, Lufthansa envisage également de délocaliser 1 500 postes supplémentaires à l’étranger, une perspective que le syndicat refuse d’accepter.
« Nous utiliserons les accords salariaux négociés jusqu’à présent pour protéger les emplois », a déclaré Marvin Reschinsky, négociateur pour Verdi, annonçant d’ores et déjà la préparation de mouvements sociaux.
Verdi critique également la fiscalité élevée qui pèse sur le transport aérien en Allemagne, estimant qu’elle affaiblit la compétitivité de Lufthansa et entraîne une perte d’emplois et de liaisons aériennes sur le territoire allemand.
Cette situation chez Lufthansa reflète une tendance générale observée en Allemagne. Une enquête récente de l’Institut IFO révèle que plus de 40 % des entreprises allemandes utilisent déjà l’intelligence artificielle, et que 27 % d’entre elles envisagent de réduire leurs effectifs en conséquence, en moyenne de 8 %.
« L’intelligence artificielle devient de plus en plus un enjeu stratégique pour les entreprises », souligne Klaus Wohlrabe, responsable des enquêtes IFO. Il ajoute que le défi consiste à intégrer cette technologie de manière sensible dans les processus existants.