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Le juge Pruka a partiellement échoué en faveur de l’Argentine

Publié le 29 septembre 2025 à 20h38. La justice américaine a partiellement tranché en faveur de l'Argentine dans un litige concernant le non-paiement de coupons liés à la croissance du PIB, tout en laissant une question cruciale en…

Le juge Pruka a partiellement échoué en faveur de l’Argentine

Publié le 29 septembre 2025 à 20h38. La justice américaine a partiellement tranché en faveur de l’Argentine dans un litige concernant le non-paiement de coupons liés à la croissance du PIB, tout en laissant une question cruciale en suspens concernant les calculs économiques postérieurs à 2016.

  • Le juge Loretta Preska a rejeté les demandes des fonds spéculatifs pour manque de justification contractuelle.
  • La cour a estimé que le fiduciaire des coupons n’avait pas agi au nom de tous les détenteurs, mais seulement de certains.
  • Une question demeure ouverte concernant la validité des calculs du PIB après 2016.

Le juge fédéral américain Loretta Preska a rendu un jugement partiel favorable à l’Argentine dans l’affaire des coupons PBI, des obligations dont le remboursement est lié à la croissance du produit intérieur brut après 2013. La plainte initiale avait été déposée par des fonds spéculatifs, souvent désignés sous le terme de « vulture funds », ainsi que par le fiduciaire représentant les détenteurs de ces coupons.

La décision du magistrat américain a donné raison à l’Argentine sur trois points principaux. Cependant, un quatrième aspect du litige reste à trancher, portant sur la pertinence des calculs du PIB après 2016. Le juge n’a pas accepté la demande de l’Argentine de se prononcer sur cette question, estimant qu’il est nécessaire de déterminer si les calculs étaient conformes aux exigences contractuelles des coupons.

En premier lieu, le juge Preska a rejeté l’ensemble des demandes formulées par les fonds spéculatifs, soulignant qu’ils n’avaient pas satisfait aux conditions contractuelles pour engager une action en justice. Elle a précisé que le fiduciaire des coupons devait agir au nom de l’ensemble des détenteurs d’obligations, et non uniquement de certains d’entre eux pris individuellement.

Par ailleurs, la cour a rejeté l’argument des plaignants selon lequel l’Argentine aurait agi de mauvaise foi. Le juge a rappelé que l’Indec, l’institut national de la statistique argentin, s’était conformé à une ordonnance d’un tribunal anglais l’année précédente et avait recalculé les chiffres du PIB. Ces nouveaux calculs ont confirmé qu’en aucune des années concernées, les conditions de paiement des coupons n’avaient été remplies.

Enfin, les plaintes relatives aux années 2014, 2015 et 2016 ont également été rejetées, car le délai pour présenter ces réclamations était déjà expiré.

Il convient de rappeler que le juge Preska est également la magistrate qui avait ordonné à l’État argentin de céder 51 % des actions de YPF, la compagnie pétrolière nationale, aux gagnants du procès pour l’expropriation de la société en 2012.

« Coupon PBI » : genèse du litige

Les coupons PBI argentins ont été émis en 2005 dans le cadre d’un échange de dette suite au défaut de paiement de 2001. Il s’agit d’un instrument financier dont la valeur est liée à la croissance du produit intérieur brut, avec des paiements supplémentaires versés uniquement si l’économie dépasse un certain seuil. Ces coupons ont été émis avec les nouvelles obligations de restructuration (Boden, Discount, PAR) et ont été placés tant sur le marché local qu’international, notamment à New York (États-Unis).

Aux États-Unis, ils ont commencé à être négociés dès 2005 en tant que dérivés financiers liés à la performance économique de l’Argentine. Leur prix a fluctué en fonction des anticipations de croissance du pays. Le litige judiciaire aux États-Unis a été initié par un groupe de détenteurs de ces coupons qui accusent la République argentine d’avoir manipulé les données du PIB en 2013 afin d’éviter de verser les paiements liés à la croissance économique.

Plus précisément, l’Argentine a décidé de ne pas effectuer le paiement cette année-là, estimant que la croissance n’avait pas dépassé le seuil fixé dans le contrat. Cependant, les créanciers soutiennent que le gouvernement a modifié la base de calcul du PIB (de 1993 à 2004) afin de simuler que la croissance nécessaire n’avait pas été atteinte, alors qu’avec la base initiale, le paiement aurait été déclenché.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.