Publié le 30 septembre 2024 14h32. L’Iran a considérablement intensifié son recours à la peine de mort ces derniers mois, ciblant non seulement les trafiquants de drogue, mais aussi des individus accusés de trahison et de collaboration avec des États considérés comme ennemis, suscitant une vive inquiétude de la communauté internationale.
- Plus de 500 exécutions ont été recensées en Iran cette année, dont un nombre significatif pour des infractions liées à la drogue.
- Onze personnes ont été exécutées pour des accusations de collaboration avec Israël, un chiffre alarmant qui témoigne d’une répression accrue.
- Des organisations de défense des droits de l’homme dénoncent des procès inéquitables, la torture et des violations flagrantes des normes internationales.
Le gouvernement iranien a traditionnellement justifié la peine de mort en la réservant aux crimes les plus graves, selon la BBC. Cependant, l’application de cette peine semble s’être étendue ces derniers mois à des catégories de délits plus larges, notamment la trahison et la coopération avec des entités étrangères.
Lundi dernier, un onzième individu a été pendu pour une prétendue collaboration avec Israël, après que sa demande d’appel ait été rejetée par la Cour suprême. Les médias locaux et les organisations de défense des droits de l’homme n’ont pas rendu publiques les informations concernant cette exécution, soulignant le manque de transparence entourant le système judiciaire iranien.
Selon les données des organisations iraniennes de défense des droits de l’homme, plus de la moitié des exécutions prononcées cette année concernent des infractions liées à la drogue (distribution ou consommation). 43 % des exécutions sont liées à des meurtres, tandis que 3 % concernent des accusations de « rébellion armée contre l’État », de « corruption sur Terre » et d’« hostilité envers Dieu ». Un pour cent des exécutions sont liées à des accusations d’espionnage. Parmi les victimes, on compte 28 femmes et 58 ressortissants afghans.
Amnesty International a dénoncé le caractère injuste des procédures judiciaires, les allégations de torture et de mauvais traitements infligés aux accusés. L’organisation souligne que ces exécutions se déroulent dans un contexte de répression croissante des droits fondamentaux en Iran.
Selon les Nouvelles Spéciales sur les Droits de l’Homme en Iran, qui suivent de près les exécutions arbitraires et les violations des droits humains en Iran et en Afghanistan, « l’Iran semble s’exécuter à l’échelle industrielle. Il contredit toutes les normes reconnues en matière de droits de l’homme ». L’organisation précise que 499 personnes exécutées pour des infractions liées à la drogue ne répondaient pas aux critères justifiant la peine de mort au regard du droit international. Plus de 500 personnes sont actuellement détenues dans des cellules en attente d’exécution.
Un autre facteur d’inquiétude est le projet de loi iranien sur l’espionnage, qui redéfinit la notion de « coopération avec les États ennemis » et criminalise la communication en ligne avec des médias étrangers ou ce qui est qualifié d’« adaptation idéologique ». Cette loi élargit considérablement le champ des accusations pouvant entraîner la peine de mort.
Des experts des Nations Unies ont appelé la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à ces violations systémiques et ont exhorté les États à prendre des mesures diplomatiques concrètes pour faire pression sur l’Iran. Ils estiment qu’une réponse ferme est nécessaire pour mettre fin à cette spirale de violence et de répression.
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