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L’UE prévoit apparemment des tarifs plus élevés sur l’acier

by Amélie Bernard

Publié le 26 juillet 2024 16:32:00. La Commission européenne se prépare à renforcer significativement la protection de son industrie sidérurgique face à la concurrence chinoise, en envisageant une réduction drastique des quotas d’importation et une coopération accrue avec les États-Unis.

  • Bruxelles prévoit de quasiment diviser par deux les quantités d’acier importées dans l’Union européenne.
  • Des droits de douane pouvant atteindre 50 % sont à l’étude, en réponse aux pratiques commerciales jugées déloyales et à la surcapacité mondiale.
  • L’Allemagne réclame des mesures de soutien et insiste sur la nécessité d’un “patriotisme européen sain” en matière commerciale.

La Commission européenne s’apprête à durcir sa politique commerciale en matière d’acier, dans un contexte de tensions croissantes avec la Chine. Des mesures concrètes devraient être présentées la semaine prochaine, visant à protéger les producteurs européens contre les importations à bas prix, souvent subventionnées par Pékin. Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de sécuriser les chaînes d’approvisionnement, notamment en collaboration avec les États-Unis.

Selon des informations rapportées par plusieurs agences de presse, les quotas d’importation d’acier dans l’UE pourraient être réduits de près de 50 %. Actuellement, un droit de douane de 25 % est appliqué lorsque ces quotas sont dépassés. La Commission envisage désormais de baisser ces seuils tout en augmentant considérablement les droits de douane, qui pourraient atteindre 50 %. Cette approche fait écho aux mesures prises par l’ancien président américain Donald Trump, qui avait déjà imposé des tarifs de 50 % sur l’acier au printemps dernier. Le Canada a également récemment augmenté ses droits de douane sur les importations d’acier.

Ces nouvelles mesures, qui devraient être “non temporaires”, s’inscrivent dans une stratégie plus globale de défense des intérêts européens. Le commissaire industriel, Stéphane Séjourné, a souligné que l’UE restait attachée au commerce international régulier, mais qu’elle ne pouvait accepter d’être la seule à respecter les règles du jeu. Il a dénoncé les pratiques de “dumping” rendues possibles par des subventions massives.

« L’industrie est confrontée à des surcapacités mondiales, à des importations bon marché subventionnées et à une conjoncture économique historiquement faible. »

Kerstin Maria Rippel, responsable de la Stahl Business Association

L’industrie sidérurgique allemande a salué l’annonce de ces mesures de soutien. Plusieurs entreprises du secteur ont d’ailleurs vu leur cours boursier augmenter significativement après la publication des informations. À Berlin, des discussions ont eu lieu entre les ministres des Finances, de l’Économie et du Travail, ainsi que les représentants des syndicats, afin de préparer le “Sommet de l’acier” prévu en octobre. Le ministre des Finances, Lars Klingbeil, a insisté sur la nécessité d’un “patriotisme européen sain” et a évoqué la mise en place d’un “prix du flux industriel” pour compenser les distorsions de concurrence.

L’UE avait déjà introduit des mesures de sauvegarde pour l’industrie sidérurgique pendant le premier mandat de Trump. Ces mesures, basées sur les niveaux d’importation moyens entre 2015 et 2017, ont été progressivement assouplies au fil des années. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé en septembre dernier l’introduction de tarifs protecteurs permanents pour l’acier, en complément du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM), qui vise à protéger les entreprises européennes contre la concurrence des pays ayant des objectifs climatiques moins ambitieux.

Le ministre de l’Économie allemand, Katherina Reiche, a indiqué que les négociations avec la Commission européenne concernant le “prix du flux industriel” devraient être achevées d’ici la fin de l’année. Les fonds nécessaires proviendront du Fonds pour le climat et la transformation, même en 2026. Klingbeil a réaffirmé son attachement aux marchés ouverts, tout en soulignant qu’il ne fallait pas que l’Europe soit “le dernier imbécile”.

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