Les marchés financiers sont en état d’alerte face à une combinaison de facteurs inquiétants : des valorisations jugées excessives, notamment dans le secteur de l’intelligence artificielle, et la menace d’un arrêt de la machine gouvernementale américaine. Le président Donald Trump devait rencontrer lundi les principaux dirigeants du Congrès à la Maison Blanche dans l’espoir d’éviter une paralysie administrative à partir du 1er octobre.
L’investissement massif des géants technologiques, les « hyperscalers », dans les infrastructures liées à l’IA suscite également des interrogations. Les investisseurs se demandent si ces dépenses colossales finiront par se traduire par des bénéfices concrets. L’IA, par nature, exige une capacité de traitement et de stockage de données sans cesse croissante, ce qui implique des investissements en capital potentiellement infinis.
Une autre incertitude plane : la pérennité de l’engouement pour l’IA. Si l’intérêt pour cette technologie s’estompe, les hyperscalers pourraient se retrouver avec des capacités de centres de données surdimensionnées. Par ailleurs, la prochaine génération de puces graphiques (GPU) pourrait être beaucoup plus performante et moins énergivore, réduisant ainsi la demande en eau et en électricité pour alimenter les centres de données. Cela pourrait rendre rapidement obsolètes les puces actuelles, avant même qu’elles n’aient permis de générer des revenus substantiels.
Ces préoccupations se reflètent dans les ratios d’évaluation. Les sept grandes entreprises technologiques – surnommées le « Magnifique-7 » – affichent un ratio de Buffett hebdomadaire record de 8,2, tirant l’indice global à 3,2. Sans ces poids lourds, le ratio pour le S&P 493 serait de 2,4. Les analystes anticipent que le marché haussier pourrait s’élargir, favorisant la performance des 493 entreprises restantes.
Sur le marché obligataire, les rendements ont rebondi à 4,00 %, se rapprochant du taux des fonds fédéraux prévu pour le 17 septembre (actuellement à 4,20 %), suite à la publication de données économiques plus favorables que prévu la semaine dernière. Les experts estiment que les rendements pourraient évoluer dans une fourchette de 4,25 % à 4,75 %, voire plus, jusqu’au premier trimestre 2026.
Le dollar américain, quant à lui, a retrouvé du terrain, soutenu par la croissance économique américaine et la diminution des anticipations de baisses de taux d’intérêt de la Réserve fédérale. Cette appréciation du dollar a eu un impact sur le prix de l’or, qui a augmenté au-delà de 3 000 $ (environ 2 770 €) au début de l’année. Les analystes prévoient que le cours de l’or pourrait atteindre 4 000 $ (environ 3 690 €) l’once d’ici la fin de l’année et 5 000 $ (environ 4 610 €) l’once l’année prochaine, en raison de facteurs tels que les achats des banques centrales et les tensions géopolitiques.
Le marché haussier du S&P 500 continue de bénéficier de la hausse des bénéfices anticipés des entreprises, qui atteignent des niveaux record. Cette tendance s’est maintenue la semaine dernière, malgré de légères révisions à la baisse des prévisions de croissance pour 2025 et 2026. Selon Joe Abbott, ces ajustements sont trompeurs en raison des modifications apportées à l’indice S&P 500 lors du rééquilibrage trimestriel.
Enfin, le sentiment des investisseurs est devenu particulièrement optimiste, comme en témoigne le ratio Bull/Bear. Bien que ce sentiment ne soit pas encore pleinement confirmé par le rapport Aaii Bull/Bear, il laisse présager une certaine euphorie sur les marchés.