L’ONU est confrontée à un examen de conscience sur son rôle dans le conflit israélo-palestinien, notamment face à la crise actuelle à Gaza. Une conversation récente entre Helena Cobban, experte en affaires internationales, et Ian Williams, vétéran de la couverture de l’ONU, a mis en lumière les faiblesses de l’organisation et les pistes d’action possibles.
Le 30 septembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est félicité du plan en 20 points présenté par le président américain Donald Trump, estimant qu’il «visait à réaliser un cessez-le-feu et une paix durable pour Gaza et pour la région». Il a toutefois souligné la nécessité d’un engagement concret de toutes les parties prenantes pour sa mise en œuvre.
Helena Cobban, qui a régulièrement contribué au Christian Science Monitor, s’est penchée ces derniers temps sur l’implication de l’ONU dans la question palestinienne et la crise actuelle à Gaza. Elle a interrogé Ian Williams, correspondant de longue date aux Nations Unies et auteur du guide Untold: The True Story of the United Nations in Peace and War (2017), sur les lacunes de l’ONU concernant la situation à Gaza, leurs origines et les potentielles actions à mener dans les semaines et mois à venir.
Williams a estimé que M. Guterres adopte une approche « non conflictuelle » envers Israël, ce qui, selon lui, ne compromet pas l’autorité de l’ONU. Il a cependant exprimé sa nostalgie pour l’ancien secrétaire général Boutros Boutros-Ghali, qui, à son avis, n’aurait pas toléré « le saccage de l’ONU par Trump et Netanyahu ».
Il a dénoncé l’existence d’une « exception israélienne » qui permettrait à Israël de ne pas rendre compte de ses violations du droit international, fragilisant ainsi la légitimité de l’ONU. Il a plaidé pour une application plus ferme des résolutions de l’organisation et a souligné que les frontières de 1967, souvent présentées comme une solution de paix, offraient déjà à Israël un territoire plus vaste que celui initialement prévu par le plan de partage de l’ONU en 1947.
Williams a qualifié la solution à deux États de « paille à deux États », soulignant qu’elle représente une tentative désespérée de trouver une issue au conflit. Il a également évoqué le précédent établi par l’ONU en Irak après l’invasion américaine de 2003, une intervention jugée illégale par les dirigeants de l’ONU à l’époque, mais avec laquelle l’organisation a choisi de collaborer afin d’atténuer les conséquences pour la population.
« On pourrait presque concevoir un rôle pour l’ONU à Gaza en rétablissant l’UNRWA et les autres agences, mais elles devraient être beaucoup plus fermes et dire non, nous ne le ferons pas à vos conditions, position israélienne… », a-t-il déclaré.
La conversation, disponible en vidéo et en transcription, souligne la complexité de la relation entre l’ONU et le conflit israélo-palestinien, et la nécessité d’une réflexion approfondie sur le rôle de l’organisation dans la résolution de la crise actuelle à Gaza.
À ne pas manquer
