La pandémie de Covid-19 a déclenché une course à la mise au point de produits capables de limiter la propagation des virus, entraînant une demande accrue pour des tests d’efficacité rigoureux. Mais comment s’assurer qu’un désinfectant est réellement efficace contre ces agents invisibles ?
Contrairement aux bactéries, dont l’élimination peut être évaluée directement en comptant les colonies survivantes au microscope, les virus présentent un défi unique. Trop petits pour être observés avec un microscope conventionnel, ils ne peuvent être détectés qu’avec un microscope électronique à balayage, et encore, pas à une échelle permettant de déterminer si une surface est réellement propre. Il est donc impossible de simplement « écouter » une surface pour y détecter leur présence. La compréhension même de leur existence n’a émergé qu’à la fin des années 1930, avec l’invention du premier microscope électronique.
La méthode utilisée pour évaluer l’efficacité des produits virucides consiste alors à mesurer les dommages causés par le virus à des cellules animales cultivées en laboratoire. Le processus se déroule en plusieurs étapes :
Un échantillon du virus est mis en contact avec le produit testé pendant une durée déterminée. Ensuite, la surface du produit est écouvillonnée pour collecter les éventuelles particules virales restantes. Cet échantillon est ensuite déposé sur des cellules animales cultivées en boîte de Pétri, scellées pour permettre l’incubation. La durée de cette incubation varie selon le virus : de un à deux jours pour la grippe, et de sept à dix jours pour le SARS-CoV-2. Pendant cette période, si des particules virales viables sont présentes, elles infecteront et détruiront les cellules animales.
Finalement, les cellules animales sont examinées au microscope. Le nombre de cellules détruites révèle la quantité de virus ayant survécu au traitement. En l’absence de mesure directe du virus, c’est son impact sur les cellules animales qui est quantifié.
Cette méthode, bien que chronophage en raison de la période d’incubation nécessaire, reste fondamentalement inchangée depuis un siècle. Elle trouve d’ailleurs son origine dans les premières observations scientifiques, où l’on a constaté qu’un agent invisible pouvait affecter des cellules bactériennes, même après filtration. Si nos connaissances sur les virus ont considérablement progressé, nous continuons de nous appuyer sur ce principe de base pour évaluer leur présence – ou leur élimination.