Publié le 2025-10-06 12:23:00. Une nouvelle étude révèle qu’un quart des patients atteints de colite ulcéreuse voient leur inflammation réapparaître un an après l’arrêt des traitements anti-TNF, un chiffre qui grimpe à un tiers après deux ans. Des chercheurs ont développé un modèle prédictif pour mieux évaluer le risque de rechute et accompagner les patients dans l’arrêt de ces traitements.
- Environ 24 % des patients présentent une rechute un an après l’arrêt des anti-TNF, et 34 % après deux ans.
- L’âge plus avancé et l’utilisation de thiopurines semblent réduire le risque de rechute.
- Un modèle prédictif, basé sur plusieurs facteurs, a été élaboré pour aider à la prise de décision concernant l’arrêt des traitements.
Les traitements anti-TNF (facteurs de nécrose tumorale), largement utilisés pour contrôler l’inflammation dans la colite ulcéreuse, ne garantissent pas une rémission durable chez tous les patients. Une méta-analyse récente, présentée lors de la semaine UEG 2025, met en lumière les risques de rechute après l’arrêt de ces médicaments. L’étude, menée par Monique Devillers, doctorante au département de gastroentérologie et d’hépatologie de l’Erasmus MC, a analysé les données de huit études impliquant un total de 654 patients.
Les résultats indiquent qu’un an après l’arrêt du traitement anti-TNF, environ 24 % des patients ont connu une nouvelle poussée de colite ulcéreuse. Ce chiffre s’élève à 34 % après deux ans. Il est important de noter que la majorité des patients (93 %) avaient reçu de l’infliximab comme traitement anti-TNF. Durant la période de suivi, les patients étaient autorisés à poursuivre d’autres traitements, tels que la modulation immunitaire et la mésalazine.
L’équipe de recherche a identifié plusieurs facteurs influençant le risque de rechute. Selon le modèle prédictif développé, un âge plus élevé et l’utilisation de thiopurines sont associés à un risque plus faible de récidive. En revanche, une résistance antérieure aux modulateurs immunitaires, ainsi que l’étendue de la colite, le type de traitement anti-TNF utilisé et le niveau de calprotectine fécale (un marqueur de l’inflammation intestinale) augmentent le risque de rechute.
Monique Devillers souligne que ce modèle préliminaire peut déjà être un outil précieux pour aider les médecins et les patients à prendre des décisions éclairées concernant l’arrêt des traitements anti-TNF. Cependant, elle insiste sur la nécessité de l’affiner en intégrant des données plus précises sur l’examen microscopique et moléculaire de la muqueuse intestinale, ainsi que des marqueurs immunologiques. Ses recherches doctorales, axées sur les maladies inflammatoires de l’intestin et l’arrêt sûr des traitements d’entretien, visent à approfondir ces connaissances.
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