Longtemps considéré comme définitif une fois déclaré, le diabète de type 2 peut désormais faire l’objet d’une stratégie de rémission. Selon les données récentes, notamment celles de l’étude DiRECT, l’atteinte et le maintien d’une perte de poids substantielle — idéalement supérieure à 10 ou 15 kg — constituent le meilleur point de départ pour contrôler cette maladie progressive.
Définition et limites de la rémission
La conférence de consensus de l’American Diabetes Association (ADA) définit la rémission du diabète comme une normalisation prolongée des glycémies en l’absence de traitement hypoglycémiant. Plus précisément, elle est caractérisée par un retour de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) en dessous de 6 % pendant au moins trois mois, sans recours aux médicaments.
Les experts soulignent toutefois qu’il s’agit d’une rémission et non d’une guérison. Cet état est, dans la majorité des cas, temporaire et comporte un risque de rechute. La rechute est définie par un retour de l’HbA1c à 6,5 % ou plus, ou par la nécessité de réintroduire une médication pour gérer le diabète ou ses complications.
Profils et conditions de réussite
La rémission n’est pas envisageable pour tous les patients. Bien qu’il n’existe pas de prédicteur de succès absolu, les personnes ayant les meilleures chances de réussite présentent généralement les caractéristiques suivantes :
- Un diagnostic récent (moins de 6 ans).
- Un surpoids ou une obésité avec un potentiel de perte de poids.
- Des valeurs de glycémie qui ne sont pas très élevées.
- Une absence d’utilisation d’insuline.
À l’inverse, la tentative de rémission est fortement déconseillée aux personnes présentant des complications du diabète ou vivant avec un trouble de la santé mentale ou de la conduite alimentaire.
Les trois approches thérapeutiques pour viser la rémission
La rémission est principalement observée lors de pertes de poids importantes, dépassant souvent 15 kg. Trois méthodes principales sont identifiées :
- La chirurgie bariatrique : Considérée comme l’approche la plus efficace, elle s’adresse aux personnes ayant un IMC supérieur à 35. Entre 30 et 60 % des patients étaient en rémission après 5 ans, bien que ce chiffre tombe à moins de 50 % après 8 ans.
- La diète très faible en calories (TDR) : Basée sur des substituts de repas liquides (bouillons et shakes), cette méthode restrictive dure environ 5 mois, suivis d’une réintroduction progressive des aliments pendant 1 à 2 mois. L’étude DiRECT a montré que 46 % des participants étaient en rémission après un an, et 36 % après deux ans.
- Le programme d’exercice physique et alimentation faible en calories : Cette approche, s’étendant sur 4 à 12 mois, combine une alimentation réduite et 30 à 60 minutes d’activité physique 5 à 6 jours par semaine. Environ une personne sur quatre était en rémission après deux ans.
L’étude DiRECT : Résultats et impact à long terme
L’essai DiRECT, mené dans un cadre de soins primaires, a testé un programme structuré de gestion du poids. Le protocole initial comprenait une phase de remplacement total du régime alimentaire (TDR) par une formule liquide de 825 à 853 kcal/jour pendant 3 à 5 mois, suivie d’une réintroduction alimentaire de 2 à 8 semaines et d’un programme de maintenance avec des visites mensuelles.
Les résultats publiés le 23 février 2024 dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, basés sur un suivi de 5 ans, apportent des précisions cruciales :
- Maintien du poids : Malgré une reprise de poids considérable durant les trois premières années, le groupe d’intervention a conservé une perte de poids moyenne de plus de 6 kg après 5 ans.
- Stabilité de la rémission : Environ un quart des personnes ayant atteint la rémission à deux ans l’étaient encore après cinq ans.
- Santé globale : Le groupe ayant suivi l’intervention a enregistré deux fois moins de problèmes médicaux graves nécessitant une hospitalisation sur 5 ans par rapport au groupe témoin.
- Qualité de vie : Une amélioration significative du bien-être a été observée chaque année jusqu’à la cinquième année pour les participants ayant reçu l’intervention.
Précautions et suivi médical
En raison de l’engagement important et prolongé requis, les professionnels de santé avertissent que l’échec de la rémission ou une rechute peut avoir des répercussions négatives sur l’estime de soi. Un encadrement par une équipe spécialisée est primordial pour assurer la sécurité du processus.
Une fois la rémission atteinte, un suivi rigoureux reste nécessaire : des prises de sang tous les six mois sont requises pour surveiller toute récidive. Par ailleurs, la surveillance de la tension artérielle, du cholestérol et le maintien d’habitudes de vie saines demeurent essentiels.
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