Home DivertissementAlistair Petrie on ‘Sex Education,’ ‘Hamlet’ and Playing the Villain

Alistair Petrie on ‘Sex Education,’ ‘Hamlet’ and Playing the Villain

by Antoine Girard

Alistair Petrie, acteur britannique reconnu pour ses rôles de méchants mémorables, se glisse actuellement dans la peau du roi Claudius dans une nouvelle production de Hamlet au National Theatre de Londres. Après avoir incarné des personnages complexes à la télévision, il revient à ses premières amours, le théâtre, avec un rôle qui lui offre une liberté d’interprétation unique.

L’acteur de 55 ans est notamment connu pour son rôle de Michael Groff, le proviseur inflexible de la série Netflix Sex Education, un personnage qui a marqué plus de 55 millions de foyers à travers le monde. Si le rôle était initialement celui d’un antagoniste, la série a permis d’explorer une rédemption touchante, où Groff apprend à se confronter à ses démons et à renouer avec son fils Adam (interprété par Connor Swindells). Une évolution rendue possible, selon Petrie, par une approche attentive et chaleureuse, bien différente des personnages qu’il incarne habituellement.

« J’adore jouer les méchants, mais ils sont parfois un peu superficiels, explique-t-il. L’arc narratif du héros est souvent privilégié, et les motivations des antagonistes peuvent être négligées. Ce qui m’attire dans ces rôles, c’est justement la possibilité de creuser, de comprendre l’humain derrière le personnage. »

Cette quête de l’humanité se retrouve pleinement dans son interprétation de Claudius, l’oncle machiavélique d’Hamlet. « Ce que j’aime avec Claudius, c’est qu’il est persuadé d’être le personnage principal, dès le lever de rideau. Ce n’est pas une pièce sur Hamlet, c’est sa pièce », souligne Petrie. La mise en scène de Robert Hastie, contemporaine et incisive, offre un nouveau regard sur ce classique de Shakespeare.

Le théâtre, pour Petrie, est un espace de liberté et de collaboration. « C’est un médium formidable pour les acteurs, contrairement au cinéma et à la télévision qui sont davantage centrés sur la vision du réalisateur », précise-t-il. Ce retour sur les planches, après onze ans d’absence, est d’autant plus significatif qu’il lui permet de renouer avec l’énergie d’un ensemble. Il se souvient d’une précédente expérience théâtrale, dans Shakespeare in Love à Londres, qu’il n’a pas vécue de manière totalement positive. « J’étais pris entre les exigences du théâtre et ma vie de famille. Il faut une énergie extraordinaire pour concilier les deux, et quelque chose a dû céder », confie-t-il.

Marié à l’actrice Lucy Scott et père de trois fils, Petrie accorde une grande importance à l’équilibre entre sa vie professionnelle et personnelle. Il évoque également les attentes élevées qui pesaient sur la production de Shakespeare in Love, une superproduction soutenue par Disney. « Les enjeux étaient énormes, et cela nous a été imposé. À la fin, je n’avais plus envie de remonter sur scène », avoue-t-il.

Cependant, l’expérience Sex Education a été une révélation. « C’est un cadeau, et je le dis au présent », affirme-t-il. Il entretient d’ailleurs une relation privilégiée avec ses anciens partenaires de tournage, notamment Connor Swindells, dont il a célébré le mariage l’année dernière. « Je parle à Connor tous les jours », confie-t-il avec un sourire. « Je me sens comme un homme de 50 ans coincé dans le corps d’un jeune de 22 ans. Je suis un labrador dans ce milieu, et j’ai su dès le début que ce serait une expérience formidable. »

L’acteur est également impatient de retrouver Hugh Laurie dans la saison 2 de The Night Manager, la série d’espionnage britannique adaptée du roman de John le Carré. Après des années d’incertitude, le tournage est enfin confirmé. « J’ai reçu des appels pendant des années : ‘On pense que ça va se faire’. Puis, un an plus tard : ‘On va le faire, mais vous n’êtes pas dedans’. J’ai répondu : ‘Pas de problème’ », raconte-t-il. Il salue l’implication de Laurie en tant que producteur exécutif, qui a permis de donner une nouvelle impulsion à la série.

Hamlet est présenté au Lyttelton Theatre du National Theatre jusqu’au 22 novembre 2025.

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