Publié le 7 octobre 2025 à 01:24:00. La Colombie se retrouve sous pression après la remise en question par les Nations Unies de ses chiffres de production de cocaïne, une situation exacerbée par la récente perte de sa certification américaine dans la lutte contre le trafic de drogue.
- Les Nations Unies proposent une nouvelle méthode d’évaluation de la production de cocaïne en Colombie.
- Le gouvernement de Gustavo Petro conteste la rigueur des données actuelles, les jugeant à l’origine de la décertification par les États-Unis.
- La Colombie a saisi 700 tonnes de cocaïne et détruit 4 570 laboratoires clandestins en 2025, selon le ministère de la Défense.
Les chiffres officiels concernant la culture de la coca en Colombie sont au cœur d’une controverse diplomatique et politique. Selon un récent rapport des Nations Unies, le pays a enregistré un record de 253 000 hectares consacrés à la « narcoculture » en 2023. Des chiffres que le président Petro a publiquement remis en question, les considérant comme la cause directe de la décision de Washington de retirer sa certification à la Colombie en tant qu’allié dans la lutte contre le narcotrafic.
L’ONU reconnaît elle-même les limites de ses données. Dans un communiqué publié sur X (anciennement Twitter), l’agence explique que « les données relatives à la production potentielle de cocaïne sont limitées pour fournir une image plus précise de […] la mise en œuvre de la politique en matière de drogues ». Elle se dit toutefois disposée à « collaborer avec le gouvernement colombien pour appliquer d’autres modèles statistiques », soulignant que la Colombie reste le plus grand producteur de cocaïne au monde.
La décision américaine, prise à la mi-septembre, accusait la Colombie de ne pas faire suffisamment pour contrer le trafic de drogue, sans pour autant réduire l’aide financière ou militaire apportée à son partenaire régional. Le gouvernement Petro y voit une décision politique motivée par des divergences idéologiques avec l’administration Trump, notamment sur des questions telles que la migration ou la guerre à Gaza.
Le président Petro a annoncé qu’il demanderait à l’organisation internationale de corriger des « erreurs méthodologiques » qui, selon lui, ont artificiellement gonflé les chiffres de la production de cocaïne. Il a déclaré sur X : « [L’ONU] accepte de corriger le résultat de 2023 dans le cadre d’une nouvelle révision. Toute la décertification était basée sur ce fait. »
Cette situation intervient alors que le gouvernement Petro est confronté à des critiques croissantes concernant son projet de négociations de paix avec tous les groupes armés. L’année 2025 s’annonce d’ores et déjà comme l’une des plus violentes de la dernière décennie en Colombie. Les tensions avec les États-Unis se sont également accrues récemment, Washington ayant révoqué le visa du président Petro et de membres de son cabinet en raison de ses déclarations pro-palestiniennes lors d’un rassemblement à New York.
La décertification américaine constitue un revers pour le gouvernement Petro, qui lutte contre des cartels puissants tels que le Clan du Golfe, ainsi que contre des groupes guérilleros impliqués dans le trafic de drogue, comme l’ELN et les dissidents des FARC, qui ont abandonné l’accord de paix de 2016.
Bogota affirme continuer à faire preuve d’efficacité dans la lutte contre le narcotrafic. Jusqu’à présent en 2025, les forces de l’ordre colombiennes ont saisi 700 tonnes de cocaïne et détruit un nombre record de 4 570 laboratoires clandestins, selon le ministère de la Défense.
La décertification n’entraîne pas une suspension totale de l’aide américaine, mais laisse la porte ouverte à d’autres mesures de la part de l’administration Trump. Un élément crucial de la coopération militaire réside notamment dans la fourniture et la maintenance d’hélicoptères, tels que les Blackhawks, indispensables à la lutte antidrogue.
*Avec informations de l’AFP.
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