Publié le 7 octobre 2025 11h33. Après deux années de conflit dévastateur, la bande de Gaza est au bord du gouffre, confrontée à une crise humanitaire sans précédent et à une destruction massive de ses infrastructures. L’offensive israélienne, lancée en représailles aux attaques du Hamas, a laissé des dizaines de milliers de morts et une population presque entièrement déplacée.
- Plus de 67 000 Palestiniens ont été tués dans les bombardements et l’invasion terrestre israélienne, selon le ministère de la Santé de Gaza.
- Près de la totalité des 2,1 millions d’habitants de la bande de Gaza ont été contraints de quitter leur domicile.
- Un plan de paix proposé par les États-Unis et Israël prévoit la libération des otages détenus par le Hamas, mais ne garantit pas le désarmement du groupe islamiste.
L’offensive israélienne, qui a débuté en octobre 2023 suite à l’attaque sans précédent du Hamas ayant causé la mort de 1 200 personnes et la prise de 251 otages, vise, selon Israël, à détruire les capacités militaires et gouvernementales du Hamas, organisation considérée comme terroriste par de nombreux pays et qui contrôle Gaza depuis 2007. Israël accuse le Hamas de se cacher derrière la population civile et d’utiliser des infrastructures civiles à des fins militaires, allégation contestée par le groupe islamiste.
La situation humanitaire à Gaza est catastrophique. L’ONU estime que plus de 90 % des logements ont été endommagés ou détruits, et que les systèmes de santé, d’eau et d’assainissement sont au bord de l’effondrement. Des experts, soutenus par l’ONU, affirment que la famine menace la ville de Gaza. Les organisations humanitaires se heurtent à des difficultés considérables pour acheminer de l’aide, en raison des restrictions imposées par Israël et des combats en cours.
Un plan de paix, présenté conjointement par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, propose un cessez-le-feu immédiat en échange de la libération des otages restants – vivants ou décédés – et de la remise du gouvernement de Gaza à des technocrates palestiniens. Cependant, le Hamas n’a pas accepté de se désarmer ni de renoncer à tout rôle politique futur dans la gestion de Gaza.
La bande de Gaza, d’une superficie de 41 kilomètres de long sur 10 kilomètres de large (environ un quart de la taille de Londres ou de Mexico), est entourée de frontières fermées avec Israël et l’Égypte, et bordée par la mer Méditerranée à l’ouest, où Israël impose un blocus. Ce territoire densément peuplé est devenu un enjeu majeur du conflit israélo-palestinien.
Au fil des mois, la destruction s’est étendue progressivement. Initialement concentrée dans le nord de Gaza, notamment autour de Beit Hanoun, près de la frontière israélienne, l’offensive s’est ensuite étendue à la ville de Gaza, puis au sud, vers Jan Younis et Rafah. En janvier 2025, plus de la moitié des bâtiments de Gaza avaient été endommagés ou détruits. En mai 2025, le lancement de l’opération “Charrues de Gideon” a intensifié les combats et conduit à l’imposition de nouvelles restrictions et zones d’évacuation, couvrant désormais 82 % du territoire.
Les populations ont été contraintes de se déplacer à plusieurs reprises, fuyant les zones de combat et suivant les ordres d’évacuation israéliens. Des centaines de milliers de personnes ont trouvé refuge dans des abris surpeuplés et dans des conditions précaires. La zone d’al-Mawasi, dans le sud-ouest de Gaza, a été désignée par Israël comme “zone humanitaire”, mais continue d’être la cible d’attaques.
En septembre 2025, plusieurs pays, dont le Royaume-Uni et la France, ont officiellement reconnu l’État palestinien auprès de l’ONU, dans une tentative de faire pression sur Israël pour qu’il mette fin au conflit. Cette décision, qualifiée de “récompense au terrorisme” par Israël, intervient alors qu’environ 75 % des 193 États membres de l’ONU reconnaissent déjà la Palestine.
Les États-Unis, principal allié d’Israël, restent un des rares pays à ne pas reconnaître l’État palestinien. Le président américain a averti que, si le Hamas ne parvient pas à accepter le plan de paix proposé, Israël bénéficiera du soutien américain pour “achever la tâche de détruire la menace que représente le Hamas”.
Sources des données et des images : Analyse des dommages basée sur les données du satellite Sentinel-1, du programme Copernic, réalisée par Corey Scher, du City University of New York Graduate Center, et Jamon Van Den Hoek, de l’Oregon State University. Données cartographiques d’OpenStreetMap. Données sur le déplacement de population de l’UNRWA. Zones d’exclusion et zones de déplacement de l’Office des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires. Images satellite de Planet Labs PLC ; autres images de Getty et Reuters.
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