Lille connaît un automne marqué par une vague de fermetures de commerces, témoignant des difficultés économiques actuelles. Des restaurants aux boutiques spécialisées, plusieurs établissements ont annoncé leur cessation d’activité ces dernières semaines.
Le Bistrot de Saint-So, connu sous le nom de « L’Hirondelle », a fermé ses portes le 24 septembre. L’équipe, qui gérait le lieu depuis plus de trois ans, dénonce une fermeture « subie, vécue comme une injustice », pointant du doigt un manque de soutien de la Ville de Lille. Malgré des tentatives de redressement face à une « équation financière intenable », l’équipe n’a pas pu maintenir l’activité. « Nous avons tout donné, parfois au détriment de notre santé et de nos vies personnelles, uniquement pour faire tourner la boutique et continuer à proposer une programmation culturelle de qualité », ont-ils écrit. La municipalité précise que le départ du concessionnaire ne signifie pas une fermeture définitive du bistrot.
Le food-court de la rue de Béthune, ouvert en 2021, a subi la liquidation judiciaire prononcée par le tribunal de commerce de Lille le 4 octobre. Malgré les efforts pour élaborer un « plan de redressement solide », l’établissement n’a pas pu éviter la fermeture. La gérance a exprimé son regret face à cette « décision brutale », tout en remerciant ceux qui ont contribué à la vie de l’endroit. « Ce qui reste de plus fort, ce sont les souvenirs », ont-ils déclaré le 2 octobre.
À Wazemmes, Thomas a pris la difficile décision de fermer « À L’Imparfait », son salon de thé culturel ouvert il y a un an. Dans un message émouvant publié sur Instagram, il explique être « à bout de force » face à l’ampleur des tâches à accomplir seul : « Chef d’entreprise, porteur de projets, pâtissier, cuisinier, serveur, médiateur culturel, programmateur, négociateur, animateur, comptable, RH, Community Manager, réparateur, peintre, carreleur, ponceur (ça existe ?), chef de l’improvisation et de l’adaptation… ». Il a choisi de préserver sa santé et a tenu à remercier ses soutiens. Le salon de thé a définitivement fermé ses portes le 13 septembre.
La boutique de jardinage Woodii, « Jardinage Ardinaire », a également annoncé sa fermeture fin septembre, après près de trois ans d’activité. Victoria et Florent, les gérants, évoquent « un contexte économique compliqué depuis plusieurs mois, des charges très élevées ainsi que l’impossibilité de nous verser des salaires alors que nous ne comptons plus nos heures de travail ». Ils organisent un déstockage avec une réduction de 40 % sur les produits jusqu’à mi-octobre. « Merci, merci pour tous vos passages en boutique, vos compliments et votre fidélité », ont-ils écrit sur Instagram, se disant « fiers de n’avoir jamais cédé sur notre engagement écoresponsable ».
Enfin, le Janken Manga Bar a fermé définitivement ses portes après quelques mois d’activité. Son gérant, Mohamed, a expliqué que le mois de septembre a été « catastrophique » par rapport aux mois de juillet et août, qui avaient bénéficié de l’afflux de touristes. Il a dû se résoudre à abandonner « son bébé » face à l’inflation et aux loyers élevés du centre-ville. Le Berliner Das Original Kebab de la Grand-Place, ouvert début 2023, a également fermé ses portes, n’ayant pas réussi à convaincre la clientèle locale, comme en témoignent les nombreux avis négatifs en ligne.
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