Publié le 7 octobre 2025 à 16h41. L’exclusion du vice-maire de Neunkirchen, Marcus Berlosnig, du Parti de la liberté d’Autriche (FPö) a créé une onde de choc, exacerbée par les menaces du parti envers d’autres élus locaux opposés à un plan d’austérité budgétaire.
- Marcus Berlosnig a été exclu du FPö après avoir refusé de soutenir un programme d’économies proposé avec le parti conservateur ÖVP.
- Le FPö accuse le ÖVP d’avoir “menti aux électeurs” et de vouloir imposer des mesures d’austérité.
- Des tensions internes au sein du FPö sont apparues, révélant des divergences jusque-là masquées.
La décision d’écarter Marcus Berlosnig du FPö a pris de court de nombreux observateurs lundi après-midi. Elle intervient alors que le parti menaçait également huit autres conseillers municipaux susceptibles de voter contre le plan d’austérité lors du conseil municipal de lundi soir. Selon les informations disponibles, le siège du parti avait exigé, avant le week-end, que le maire soit informé du refus de la faction FPö de soutenir le projet de consolidation budgétaire, et avait conditionné le maintien de la coalition à cette condition.
Mardi, Marcus Berlosnig a réagi par un communiqué écrit, critiquant vivement la direction de son parti. Il a accusé le siège du parti d’avoir tenté de le faire pression, allant jusqu’à “intercepter mes colistiers à leur domicile pour tenter de me convaincre de changer de position”. Il a également dénoncé des offres de récompenses en échange d’une loyauté sans faille envers le parti.
« Des événements partiellement troublants »
Selon ses propres dires, cette décision n’avait pas été prise à la légère et avait fait l’objet d’une réunion d’urgence de la faction FPö. « Après une discussion approfondie, mon groupe parlementaire, à une large majorité (8 voix contre 1), a préconisé de continuer à soutenir la rénovation de la municipalité de manière constructive et dans son intégralité », a-t-il déclaré. Ce résultat a été transmis à la direction du parti.
En conséquence, des « événements partiellement troublants » se sont produits. M. Berlosnig affirme que des représentants du parti ont tenté de le convaincre de se retirer, et que des offres de récompenses ont été faites en échange de sa loyauté.
Malgré ces pressions, le vice-maire, ainsi que six autres conseillers, ont voté en faveur du programme d’austérité lundi soir et souhaitent « poursuivre la voie tracée » en tant que représentants élus bénévoles. À Neunkirchen, l’ÖVP et le FPö travaillent ensemble au sein d’une coalition depuis les dernières élections de janvier. Le FPö y avait obtenu près de 24 % des voix et était représenté par neuf conseillers municipaux. Désormais, il n’en compte plus que deux.
Le FPö dénonce une « catastrophe financière »
Le FPö n’a pas souhaité commenter ces accusations, renvoyant aux déclarations de lundi :
« Quiconque a voté contre les intérêts de Neunkirchen, contre la ville de Neunkirchen, et qui, dans cette attaque contre la population, n’a pas cherché à obtenir un réel bénéfice de la consolidation, et quiconque pense pouvoir prendre des décisions à la manière de l’ÖVP, est exclu. »
Déclaration du FPö
Le secrétaire du parti au niveau de l’État, Alexander Murlasits, a accusé l’ÖVP, lors d’une conférence de presse lundi après-midi, d’avoir « menti aux électeurs », de provoquer une « catastrophe financière » et d’avoir « abandonné le FPö dans les négociations de coalition sur la situation incertaine », avant de « faire payer l’addition aux citoyens ». Une majorité des deux tiers du conseil d’administration du parti est désormais nécessaire pour officialiser l’exclusion.
Une politologue souligne les signaux internes et externes
La politologue Katrin Protnik, interrogée par Noe.orf.at, s’est dite surprise par l’ampleur de la crise, notamment par les propos du secrétaire du parti lundi, qui parlait de « la plus grande trahison de l’électeur jamais vue en Basse-Autriche ». « Cette déclaration contre un membre de son propre parti est en soi un événement majeur », a-t-elle souligné.
Selon elle, il s’agit d’un « signal fort à l’électorat » : « Le FPö s’efforce de se présenter comme le défenseur du petit peuple et s’oppose aux mesures d’austérité. Le plan à Neunkirchen va à l’encontre de cette image centrale du parti. » En même temps, il s’agit d’un signal interne indiquant qu’un comportement « contraire aux objectifs ou à la réputation du parti » aura des conséquences rapides.
Des « discordes » au sein du parti
L’affaire actuelle révèle également des fissures au sein du FPö, ce qui est rare depuis longtemps. « Jusqu’à présent, le FPö, sous la direction d’Herbert Kickl, s’est montré très fermé, avec très peu de divergences de fond ou de personnel », explique Katrin Protnik. L’affaire actuelle est un signe visible de « discordes » au sein du parti.
La réaction du parti local, en revanche, n’est pas surprenante pour la politologue, « car les organisations du parti n’aiment traditionnellement pas les discussions sur les décisions prises aux niveaux supérieurs ». Elle ne s’attend pas à un impact majeur sur les électeurs du FPö, d’autant plus qu’il n’y a pas d’élections en vue en Basse-Autriche dans un avenir proche : « Tant qu’il n’y aura pas de nouvelles élections, ces événements seront rapidement oubliés à Neunkirchen. »
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