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Austin City Limits Festival 2025 Review And Photos

by Antoine Girard

L’Austin City Limits Music Festival (ACL), qui s’est déroulé du 3 au 5 octobre, a rassemblé 75 000 personnes par jour dans le vaste parc de Zilker à Austin, au Texas, mais a étonnamment mis de côté les déclarations politiques et sociales habituellement associées aux grands rassemblements musicaux.

Si Ray Benson, du groupe Asleep At The Wheel, a brièvement commenté l’actualité, et que Hozier a pris le temps, à la fin de son concert, de plaider pour l’unité et la compassion, la plupart des plus de 100 artistes présents n’ont pas abordé les questions de société. Cette absence de prise de position, bien qu’inattendue, souligne peut-être l’importance d’un festival comme espace de liberté et de divertissement pur.

L’exubérance a été le maître mot de ces trois jours. Le vendredi a été marqué par la performance de Spill Tab, artiste franco-coréenne, qui a alterné entre des morceaux doux (« Hold Me », « Assis ») et des titres plus énergiques (« Pistolwhip », « Crème Brûlée ! »). Panda Bear, du groupe Animal Collective, a enchaîné dans la même veine, débutant avec « Selfish Gene » (2015) avant de proposer des morceaux plus rythmés tirés de son album Sinister Grift. King Princess a présenté des chansons de son nouvel album, Girl Violence, oscillant entre sensualité (« Jaime ») et énergie brute (« I Feel Pretty », encadré par des solos de guitare endiablés). The Favors, duo composé de Finneas et Ashe, a ravi le public lors de leur premier concert en festival (et seulement leur troisième représentation à ce jour), tandis qu’Empire Of The Sun a fait danser une foule immense sur son tube « Walking On A Dream ».

Le samedi a été marqué par la première apparition d’un groupe de K-pop, Riize, dont la chorégraphie impeccable et les titres de leur premier album, Odyssey, ont impressionné le public. L’ACL pourrait bien tirer profit de l’ajout d’un groupe de K-pop à son affiche principale à l’avenir. Plus tôt dans la journée, Next Of Kin, un trio originaire d’Austin, a enchaîné les morceaux puissants (« It’s a Shame ») et les ballades émouvantes (« Jekyl And Hyde », « Homemaker »), avec des harmonies vocales hypnotiques et des échanges de paroles vifs. Ce groupe en pleine ascension pourrait bien devenir le prochain Destiny’s Child de la scène country queer.

Japanese Breakfast a agrémenté sa performance de la présence de Louisanna Purchase, une drag queen locale, qui a frappé le gong sur « Paprika », et a collaboré avec Magdalena Bay pour une reprise de « Time To Pretend » de MGMT. Cependant, c’est Sabrina Carpenter qui a remporté la palme du meilleur invité en accueillant Shania Twain pour un duo sur « That Don’t Impress Me Much ». Bien que certains aient espéré la présence de Taylor Swift – des rumeurs laissaient entendre qu’elle pourrait interpréter le titre de son douzième album, The Life Of A Showgirl – cette collaboration a confirmé le statut de Sabrina Carpenter comme nouvelle étoile montante.

Les Strokes ont également attiré une foule importante, prouvant que la nostalgie du rock indépendant reste bien vivante (à l’instar de Modest Mouse, dont le concert axé sur ses classiques a suscité l’enthousiasme de nombreux jeunes fans). Mais c’est la rappeuse floridienne Doechii qui a véritablement enflammé la scène, attirant la plus grande foule de la journée. Malgré l’absence d’un groupe, de danseurs et d’une mise en scène spectaculaire – préférant un décor simple sur le thème des marais avec seulement son DJ – elle a captivé le public pendant une heure, en interprétant des titres de son album Alligator Bites Never Heal (2024), des morceaux moins connus (« GTFO », « Crazy ») et même un freestyle endiablé sur « America Has A Problem » de Beyoncé. Doechii s’est affirmée comme une ambassadrice de l’esprit du rap old-school tout en repoussant les limites de la technique, confirmant ainsi sa place parmi les grands noms du rap contemporain.

Beaucoup estimaient qu’elle aurait dû être promue à la tête d’affiche du dimanche, après l’annulation de Doja Cat. Le choix de The Killers, en remplacement, a semblé artificiel. Leur concert de clôture, agrémenté de deux reprises de Willie Nelson – « Whiskey River », avec Guy Forsyth à l’harmonica, et « Always On My Mind » – a donné l’impression d’une tentative désespérée de séduire un public local déçu de ne pas avoir vu l’artiste initialement prévue. Malgré cela, le groupe de Las Vegas a attiré une foule immense et a suscité l’enthousiasme avec un concert rempli de tubes, culminant avec un chant collectif sur le refrain « I’ve got soul but I’m not a soldier » de « All These Things That I’ve Done ».

D’autres artistes ont également contribué à la réussite du festival : The Dare a enflammé le public malgré un horaire peu propice à son ambiance club, Wet Leg a satisfait les amateurs de rock avec une performance explosive sur la scène principale, T-Pain a organisé un spectacle western mémorable au coucher du soleil, et Phantogram a créé une ambiance électrisante avec son mélange de rock industriel et de musique électronique.

En fin de compte, le festival n’avait pas besoin d’une série de commentaires sur le climat politique actuel – même si ceux qui ont été formulés étaient sincères – pour susciter la compassion et la sécurité. La guérison est venue de la joie partagée de la musique live, et l’ACL promet d’en offrir encore lors de son second week-end.

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