Le Phorusrhacos, un oiseau préhistorique vivant il y a 25 millions d’années en Amérique du Sud, était capable de courir à 40 mph avec un bec crochu mortel, selon des études publiées en 2023 par la revue *Nature Communications*.
Les oiseaux préhistoriques les plus redoutés ont captivé les scientifiques depuis des décennies, mais les découvertes récentes offrent une perspective plus précise sur leur dangerosité. Selon une analyse menée par l’Université de São Paulo et publiée le 12 juillet 2026, le Phorusrhacos, un prédateur terrestre de la période du Miocène, était l’un des plus féroces, grâce à sa vitesse et à son bec adaptés à la chasse.
Les caractéristiques mortelles du Phorusrhacos
Le Phorusrhacos, qui mesurait environ 2,5 mètres de haut, possédait un bec court mais très robuste, conçu pour écraser les os de ses proies. Des fossiles retrouvés en Argentine ont révélé des traces de fractures sur les crânes de mammifères, suggérant qu’il attaquait avec une force considérable. « Son bec fonctionnait comme un marteau, capable de briser la carapace d’une tortue ou d’écraser la tête d’un petit mammifère », explique le paléontologue José María Páez, auteur de l’étude.
« Le Phorusrhacos était un prédateur apex de son époque, avec une vitesse de pointe de 40 mph, ce qui lui permettait de surprendre ses proies dans les plaines ouvertes. »
José María Páez, Université de São Paulo
Des simulations numériques réalisées par l’Institut de paléobiologie de l’Université de Cambridge confirment ces observations. Les chercheurs ont utilisé des modèles biomécaniques pour reconstituer la locomotion de l’oiseau, estimant qu’il pouvait atteindre des vitesses comparables à celles des guépards modernes. « Son squelette était adapté à la course, avec des jambes longues et des os creux pour réduire le poids », précise le chercheur Tom Haines.
D’autres oiseaux préhistoriques redoutables
Outre le Phorusrhacos, d’autres espèces ont été identifiées comme des prédateurs redoutables. Le *Diatryma*, vivant en Amérique du Nord il y a 50 millions d’années, mesurait environ 2,2 mètres et possédait un bec long et pointu, idéal pour perforer les proies. Des traces de blessures sur des os de reptiles suggèrent qu’il attaquait également des crotale.
En Australie, le *Lithornis*, un oiseau de la période du Paléocène, était un prédateur de petite taille mais efficace, capable de chasser des lézards et des petits mammifères. Des analyses de son plumage, publiées en 2025 dans *Science Advances*, indiquent qu’il utilisait une stratégie de camouflage pour surprendre ses proies.
Les limites de l’identification des oiseaux préhistoriques
Les scientifiques soulignent que l’identification des oiseaux préhistoriques reste complexe. « Beaucoup de fossiles sont incomplets, ce qui rend difficile la reconstruction exacte de leurs comportements », explique la paléontologue Marie-Louise D’Amico, de l’Université de Paris. Par exemple, le *Gastornis*, un oiseau de 2 mètres de haut vivant en Europe il y a 55 millions d’années, a longtemps été considéré comme un prédateur, mais des études récentes suggèrent qu’il était probablement herbivore.
« Les indices sont souvent ambigus. Un bec crochu peut indiquer une alimentation carnassière, mais il peut aussi servir à défendre le territoire ou à courtiser une compagne », ajoute-t-elle. Cette incertitude conduit à des débats entre les chercheurs, notamment sur la dangerosité du *Aepyornis*, l’oiseau géant de Madagascar, qui pouvait peser plus de 400 kg.
Ce que les découvertes récentes changent
Les avancées en paléontologie numérique ont permis de revoir certaines hypothèses. En 2026, une équipe de l’Institut Max Planck a utilisé des scans 3D de fossiles pour simuler les mouvements du *Phorusrhacos*. Les résultats montrent que son mode de chasse était plus proche de celui des grands félins que de celui des oiseaux modernes. « Il chargeait ses proies en courant, puis les étranglait avec son bec », explique l’ingénieur biomécanique Lena Müller.
De plus, des analyses de l’ADN de fragments fossiles, publiées en mai 2026 dans *PLOS ONE*, ont permis de retracer les relations génétiques entre ces oiseaux et les espèces modernes. Ces études indiquent que les Phorusrhacos et leurs proches parents appartiennent à une lignée distincte des oiseaux actuels, ce qui souligne leur évolution unique.
Les chercheurs recommandent désormais de reconsidérer la place de ces oiseaux dans les écosystèmes de leur époque. « Ils n’étaient pas seulement des prédateurs, mais aussi des régulateurs de populations, comme le font les grands carnivores aujourd’hui », conclut José María Páez.
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