Bâle se prépare à accueillir quatre enfants palestiniens blessés dans la bande de Gaza, mais cette initiative humanitaire soulève des questions sur la capacité du système d’asile suisse à répondre aux besoins spécifiques de ces jeunes victimes et de leurs familles.
Lundi, Anne Tschudin, porte-parole du département de la santé de Bâle, a confirmé que le canton prendra en charge ces enfants qui nécessitent des soins médicaux urgents à l’hôpital pour enfants de l’UKBB. Leurs proches les accompagneront, mais les modalités d’arrivée et d’hébergement de ces derniers restent à préciser.
Johannes Sieber, grand conseiller du Parti libéral-radical (PLR), salue l’opération de sauvetage, tout en insistant sur la nécessité d’une approche réfléchie. Il a annoncé qu’il interpellera le gouvernement sur ce sujet, afin d’obtenir une transparence totale sur les aspects pratiques et juridiques de l’accueil de ces enfants.
« L’opération de sauvetage ne doit pas être un simple exercice de communication », a déclaré Sieber. « Il faut s’assurer que cet engagement soit concret et qu’il repose sur des bases solides. »
Ses interrogations portent notamment sur la question de savoir si les procédures d’asile habituelles sont adaptées à la situation de ces enfants traumatisés. Il souhaite également connaître les modalités de financement de leur prise en charge (fédérales ou cantonales) et les mesures prévues pour assurer leur suivi psychologique et leur intégration sociale, notamment dans le domaine de l’éducation.
« Le soin des personnes touchées par la guerre, confrontées à des traumatismes parfois graves, est un défi qui est souvent soulevé dans le débat sur l’asile », a souligné Sieber, dont la tante est l’activiste pour les droits des migrants, Anni Lanz. « Il faut donc s’assurer que les mesures actuellement en place soient suffisantes. »
Sieber critique également le niveau de prise en charge des demandeurs d’asile en Suisse, estimant que les normes minimales sont souvent maintenues, et que la culture d’accueil, comme l’a montré la récente polémique à Bâle concernant l’hébergement de mineurs demandeurs d’asile dans l’ancien hôtel Balegra, n’est pas toujours optimale.
Le gouvernement devra répondre par écrit aux questions de Sieber, probablement avant la prochaine session parlementaire en novembre. L’exécutif devra également se prononcer sur une demande similaire formulée par Oliver Bolliger, grand conseiller du parti Basta, qui plaide pour une aide humanitaire rapide à Gaza, une participation à la reconstruction et un examen de l’admission de réfugiés et d’enfants.
Alors que le canton de Zurich, par la voix de sa conseillère gouvernementale Natalie Rickli (SVP), s’est montré réticent à accueillir des enfants gravement blessés, le parti socialiste zurichois a déposé une pétition pour limiter les marges de manœuvre de Rickli. Sieber, pour sa part, estime que si une méthode efficace pour les soins et l’intégration est trouvée, il n’y a aucune raison de ne pas intensifier l’engagement.
« Si nous trouvons une méthode sur la façon dont les soins et l’intégration pourraient réussir, je ne vois aucune raison de ne pas intensifier l’engagement », a-t-il conclu.
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