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Activité physique de précision

by Sophie Martin

Publié le 8 octobre 2025 06h30. L’activité physique pourrait bien devenir un pilier de la médecine personnalisée de demain, grâce aux avancées scientifiques qui révèlent son impact profond sur notre santé et sa capacité à moduler notre réponse aux maladies. Une nouvelle étude explore comment adapter l’exercice physique en fonction de notre profil génétique et de notre état de santé.

  • L’activité physique est reconnue comme un outil puissant de prévention et de traitement, complémentaire aux approches pharmacologiques et chirurgicales.
  • Des variations génétiques influencent la manière dont chaque individu réagit à l’exercice, soulignant la nécessité d’une approche personnalisée.
  • Ce domaine émergent présente des bénéfices significatifs dans la gestion des maladies chroniques telles que le cancer, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Les progrès récents en biologie moléculaire, en physiologie de l’exercice et dans les technologies de surveillance ont permis de mieux comprendre les mécanismes par lesquels l’activité physique agit sur notre organisme. Ces découvertes ouvrent la voie à une médecine de précision où l’exercice physique est prescrit sur mesure, en tenant compte du profil génétique, clinique et fonctionnel de chaque patient.

Le rapport d’anticipation L’activité physique dans la médecine du futur, promu par la Fondation Roche Institut, met en lumière le potentiel de cette approche innovante. Il souligne son impact positif non seulement sur la santé publique, mais aussi sur l’efficacité et la durabilité du système de santé.

L’activité physique induit des adaptations à différents niveaux – physiologique, cellulaire et moléculaire – et influence significativement notre bien-être physique et mental. Des études ont identifié des variantes génétiques qui modulent notre réponse à l’exercice. Ainsi, deux personnes effectuant le même type d’activité physique peuvent obtenir des résultats différents en raison de leurs caractéristiques individuelles.

« En effectuant le même type d’exercice, les personnes peuvent présenter des réponses différentes en raison de leurs caractéristiques individuelles »

Alejandro Lucía, coordinateur du rapport d’anticipation, L’activité physique dans la médecine du futur

On estime que la charge génétique de chaque personne peut expliquer entre 20 % et 50 % de la variabilité des capacités physiques, qu’il s’agisse de performance, d’adaptation physiologique ou de bénéfices pour la santé. Pour une prescription d’activité physique réellement personnalisée, il est donc essentiel de prendre en compte non seulement le profil génétique, mais aussi l’état de santé antérieur, l’âge, les habitudes de vie et d’autres déterminants de la santé.

Cette approche non pharmacologique offre des bénéfices considérables dans la prise en charge des pathologies chroniques, notamment le cancer. L’activité physique est d’ailleurs de plus en plus intégrée dans l’accompagnement des patients tout au long de leur parcours, avant, pendant et après le traitement. Des études ont démontré qu’une activité physique régulière est associée à une réduction significative (de 10 à 20 %) du risque de développer certains types de cancer chez l’adulte, tels que le cancer du sein, du côlon, de l’endomètre, de la vessie et de l’estomac.

Au-delà du cancer, l’activité physique joue un rôle clé dans la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires, en réduisant le risque de développer de l’hypertension artérielle ou de l’artériosclérose. Sa pratique régulière, combinée à d’autres habitudes saines, peut diminuer le risque de maladies cardiovasculaires de 30 à 50 %. Elle est également essentielle dans la prévention et le traitement des pathologies métaboliques comme l’obésité et le diabète de type 2, ainsi que pour la santé cérébrale et la prévention des maladies neurodégénératives.

Pour que l’activité physique devienne un outil préventif et thérapeutique de référence, il est nécessaire de relever plusieurs défis : consolider les preuves scientifiques, former les professionnels de santé, intégrer cette approche dans la pratique clinique courante et sensibiliser la société à sa valeur fondamentale dans le modèle de soins de santé.

Auteur:

Alejandro Lucía, coordinateur du rapport L’activité physique dans la médecine du futur, est professeur de physiologie de l’exercice et chercheur principal à la Faculté de médecine, des sciences de la santé et des sports de l’Université européenne de Madrid, ainsi que chercheur à l’Institut de recherche en santé de l’hôpital 12 de Octubre.

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