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Les 293 absences de médecins au Sarawak ne sont pas un problème de publication – médecin

by Sophie Martin

Publié le 8 octobre 2025 à 10h06. L’absence de plus de la moitié des jeunes médecins affectés au Sarawak met en lumière une crise profonde du système de santé malaisien, incapable d’attirer et de retenir ses professionnels, qui préfèrent souvent l’étranger ou le secteur privé.

  • Plus de 293 médecins sur 542 nouvellement affectés au Sarawak ne se sont pas présentés à leur poste.
  • La pénurie de médecins est nationale et touche toutes les régions de la Malaisie, et pas seulement le Sarawak.
  • Des mesures incitatives significatives sont nécessaires pour attirer et retenir les médecins, notamment une augmentation substantielle des salaires et un meilleur soutien logistique.

L’annonce de l’absence de 293 médecins sur 542 affectés au Sarawak n’est pas un simple incident administratif, mais le symptôme d’un malaise profond qui ronge le système de santé malaisien depuis des années. Ce chiffre alarmant, révélé par The Borneo Post, illustre un manque d’attractivité croissant du service public face aux opportunités offertes par le secteur privé ou à l’étranger.

Blâmer les médecins ou évoquer un simple « défaut de déclaration » serait une erreur. La Malaisie ne forme plus suffisamment de médecins pour répondre aux besoins de ses hôpitaux, et ceux qui sont disponibles ne sont pas disposés à s’installer dans des régions éloignées où les salaires sont bas, le coût de la vie élevé et les perspectives de carrière incertaines. Le modèle actuel de déploiement centralisé, basé sur une simple affectation administrative, se révèle inefficace et déconnecté des réalités du terrain.

Le Sarawak, qui avait demandé 650 médecins, se retrouve avec un déficit encore plus important, estimé à plus de 1 000 postes. Pour atteindre les ratios de personnel adéquats, l’État aurait besoin d’au moins 2 500 médecins supplémentaires. Mais la simple publication de postes vacants ne suffira pas à attirer les candidats, car il faut leur offrir des incitations réelles.

Selon un médecin exerçant dans un hôpital public de la vallée de Klang, qui a souhaité rester anonyme, il est illusoire de penser que la Malaisie péninsulaire dispose de réserves de médecins prêts à être envoyés au Sarawak. La pénurie est nationale : Sabah, Johor et même la vallée de Klang sont également confrontées à des difficultés. De nombreux médecins préfèrent quitter le pays pour travailler à Singapour, en Australie, au Brunei, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande ou au Moyen-Orient, où les conditions de travail et les salaires sont plus attractifs.

« Les médecins ne seront transférés que si l’offre est meilleure que celle qu’ils proposent, pas pire. »

Médecin anonyme, hôpital public de la vallée de Klang

Pour inverser cette tendance, des mesures concrètes sont nécessaires, notamment :

  • Une augmentation de salaire de 60 à 70 pour cent, par rapport aux salaires actuels du ministère de la Santé.
  • Des allocations de logement et une aide à la réinstallation.
  • Une prise en charge financière pour le déménagement des conjoints et des enfants.
  • Une assurance, une assistance en cas d’urgence et des billets d’avion pour les congés.
  • Des parcours de formation spécialisés garantis.
  • La suppression des obstacles administratifs à l’immigration, comme l’exigence du « passeport bleu ».

Sans ces incitations, le Sarawak continuera de perdre au profit de Singapour, de l’Australie, du Brunei et même des hôpitaux privés de Kuala Lumpur. Le système fédéral doit également prendre ses responsabilités et abandonner un modèle de déploiement centralisé, conçu pour la vallée de Klang, qui ne convient pas aux réalités logistiques et géographiques du Sarawak.

Il est urgent de mettre en place un mécanisme de remplacement rapide, une structure de soutien et une stratégie de rétention. Le ministère de la Santé doit considérer l’absentéisme massif non pas comme une routine, mais comme un signe d’effondrement systémique. L’absence de plus de la moitié du personnel affecté n’est pas un problème de discipline individuelle, mais le rejet d’un système qui ne répond plus aux attentes des médecins.

La question est désormais de savoir si le Sarawak se contentera de publier des déclarations ou s’il investira réellement des ressources financières et politiques pour attirer et retenir les médecins. Sans un engagement réel, cette même situation se reproduira, avec de nouveaux chiffres, de nouveaux titres et le même résultat : des salles vides, un personnel épuisé et des lettres de nomination sans suite.

Les 293 absences ne sont pas le problème, elles sont le diagnostic.

L’auteur est médecin dans un hôpital public de la vallée de Klang. CodeBlue donne à l’auteur l’anonymat car il est interdit aux fonctionnaires d’écrire à la presse.

  • Il s’agit de l’opinion personnelle de l’auteur ou de la publication et ne représente pas nécessairement le point de vue de CodeBleu.

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