Publié le 8 octobre 2025 18h48. Une alimentation restreinte dans le temps pourrait offrir des bénéfices insoupçonnés aux athlètes, améliorant non seulement leurs performances mais aussi leur santé à long terme, selon une étude de l’Université ouverte de Catalogne (UOC).
- Une alimentation limitée à une fenêtre de 3 à 12 heures pourrait améliorer la composition corporelle et renforcer l’immunité des sportifs d’endurance.
- Combinée à un entraînement par intervalles de haute intensité (HIIT), cette approche pourrait optimiser les performances sans effets secondaires majeurs.
- Les chercheurs soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour établir des recommandations précises et sécurisées pour les athlètes de haut niveau.
L’étude, menée par Òscar Sánchez, diététiste-nutritionniste et étudiant en master à l’UOC, et publiée dans la Revue espagnole de nutrition communautaire, explore les effets d’une alimentation limitée dans le temps (en anglais, time-restricted feeding) sur les athlètes. Cette pratique consiste à concentrer la prise alimentaire dans une période restreinte de la journée, contrairement à une alimentation répartie sur 12 à 14 heures. Si les bénéfices de cette approche sont déjà documentés dans la population générale – notamment en termes d’espérance de vie – ses effets sur les sportifs de haut niveau restaient jusqu’à présent peu étudiés.
L’équipe de recherche a analysé les données de quatre études portant sur des athlètes et de 14 autres menées sur des individus sains ou atteints de pathologies telles que l’obésité, le diabète de type 2, la sclérose en plaques, le syndrome métabolique ou la maladie du foie gras non alcoolique (MAFLD). Les résultats suggèrent que cette stratégie nutritionnelle pourrait être bénéfique, mais avec prudence.
« Une alimentation saine à durée limitée pourrait être recommandée aussi bien aux athlètes qu’au grand public. »
Òscar Sánchez, diététiste-nutritionniste et chercheur à l’UOC
Selon Laura Esquius, directrice du master et chercheuse au sein du Groupe de recherche en épidémiologie et santé publique dans le contexte de santé numérique (Epi4health) de l’UOC, l’association d’une alimentation limitée dans le temps avec le HIIT semble particulièrement prometteuse. Elle précise :
« Une alimentation limitée dans le temps pourrait être recommandée aux athlètes, mais avec prudence. Certaines des études examinées ont montré qu’elle peut être efficace pour améliorer ou maintenir les performances sans effets indésirables significatifs, en particulier lorsqu’elle est associée à un entraînement par intervalles de haute intensité (HIIT). »
Laura Esquius, directrice du master et chercheuse à l’UOC
L’étude met également en évidence des effets positifs sur la santé à long terme, notamment une amélioration de la composition corporelle, un renforcement du système immunitaire et une potentielle prévention des troubles métaboliques qui peuvent survenir après la fin d’une carrière sportive de haut niveau. Daniel Badia-Martínez, membre du corps enseignant du master, souligne que cette approche pourrait également avoir un impact sur le vieillissement biologique, en améliorant certains aspects hormonaux et moléculaires.
« L’étude suggère que cela pourrait être une stratégie utile, en particulier en ce qui concerne la santé et le vieillissement, où certains aspects hormonaux et moléculaires semblent être améliorés. »
Daniel Badia-Martínez, membre du corps enseignant du master à l’UOC
Les chercheurs ont également observé que l’alimentation limitée dans le temps pourrait réduire le stress oxydatif et l’inflammation, des facteurs clés du vieillissement. Ils recommandent toutefois de poursuivre les recherches pour établir des protocoles sûrs et efficaces, et d’adapter cette approche en fonction des besoins spécifiques de chaque athlète. Pour la population générale, ils suggèrent d’adopter une habitude simple : « manger pendant la journée et non quand il fait sombre dehors », en limitant la fenêtre d’alimentation à environ 12 heures, à l’exception des personnes souffrant de certaines pathologies comme le diabète ou des troubles de l’alimentation.
L’équipe de l’UOC ambitionne désormais de mener des essais cliniques randomisés pour confirmer ces résultats et de diffuser ces connaissances auprès des professionnels de la santé. Université ouverte de Catalogne (UOC)
Référence de l’article : Sánchez-García, O., Esquius, L. et Badia-Martínez, D. (2025). Effet de l’alimentation limitée dans le temps sur le vieillissement et les performances des athlètes (revue systématique). Revue espagnole de nutrition communautaire. doi.org/10.63474/renc.v31i2.6
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