L’intelligence artificielle s’invite de plus en plus dans le secteur de la santé, avec des applications allant de la gestion des dossiers patients à la détection précoce de maladies cardiaques. Ces avancées, portées par des géants de la technologie comme Microsoft et Samsung, suscitent également des interrogations quant au contrôle de ces outils et à leur impact sur les professionnels de santé.
Microsoft a récemment lancé un navigateur gratuit, alimenté par l’IA, issu de son laboratoire d’innovation en santé rurale. Parallèlement, le Département des Anciens Combattants (VA) des États-Unis a mis à jour sa stratégie en matière d’IA, prévoyant le déploiement d’outils pour la planification, la transcription en temps réel, le traitement des demandes de remboursement et les tâches administratives.
Le gouvernement américain, représenté par des responsables du Département de la Santé et des Services Sociaux (HHS), se montre prudent quant à la domination du secteur privé sur les outils d’IA dans le domaine de la santé. Ils craignent que cela n’exclue les jeunes entreprises innovantes.
Samsung, de son côté, enrichit ses montres Galaxy d’une fonctionnalité de détection de l’insuffisance cardiaque, basée sur un algorithme analysant le dysfonctionnement systolique ventriculaire gauche. L’entreprise coréenne travaille également sur une technologie Ear-EEG, utilisant des électrodes portées dans l’oreille pour détecter la somnolence et analyser les préférences vidéo.
UnitedHealth Group a recruté Michael Pencina, scientifique en chef des données de Duke Health et cofondateur de la Coalition for Health AI, pour occuper le poste de scientifique en chef de l’IA au sein de l’entreprise. Qualtrics, après l’acquisition de Press Ganey pour 6,75 milliards de dollars (environ 6,2 milliards d’euros), affirme que cette opération a été motivée par le potentiel de l’IA, lui permettant de disposer de la plateforme d’IA spécialisée la plus complète pour accélérer son adoption dans le secteur de la santé, selon son PDG, Zig Serafin.
Une étude récente a mis en évidence une diminution de l’épuisement professionnel des cliniciens, passant de 52 % à 39 % dans les 30 jours suivant la mise en œuvre d’un scribe IA ambiant dans six systèmes de santé. Les gains observés concernent également l’efficacité de la documentation, la communication avec les patients, la flexibilité des horaires et la réduction de la charge de travail en dehors des heures normales.
L’utilisation de jouets et de chatbots basés sur l’IA générative par les enfants suscite des inquiétudes. Des experts mettent en garde contre le risque de confusion entre réalité et fiction, la limitation de l’originalité et la possibilité d’induire les enfants en erreur. Un parent a raconté avoir laissé son fils de quatre ans, passionné par « Thomas le Train », interagir avec le mode vocal de ChatGPT, qui a continué à parler pendant deux heures, générant plus de 10 000 mots. « Mon fils pense que ChatGPT est la personne la plus cool au monde qui aime le train. Je ne pourrai jamais rivaliser avec ça », a-t-il déclaré.
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