Déménager en Suisse peut sembler simple, mais changer de canton implique bien plus qu’un changement d’adresse. Des différences fiscales aux mentalités locales, en passant par les langues et le coût de la vie, s’installer dans un nouveau canton peut être une expérience déstabilisante, même pour ceux qui connaissent déjà le pays.
Le fossé entre les cantons est parfois plus profond qu’on ne l’imagine. Si la Suisse est souvent perçue comme un pays homogène, la réalité est bien plus nuancée. Chaque canton possède son propre système fiscal, ses infrastructures scolaires, de santé et de transport public, ainsi que des réglementations spécifiques. Ces différences peuvent être particulièrement frappantes pour les personnes venant d’autres régions du pays.
Les études montrent que l’ouverture d’un canton envers les étrangers varie considérablement. Certains cantons se montrent plus inclusifs que d’autres en matière de droits politiques et de naturalisation. Par exemple, les cantons de Zurich, d’Appenzell Rhodes-Extérieures et du Jura sont considérés comme les plus accueillants. À l’inverse, l’Argovie, le Schwyz et les Grisons imposent des exigences plus strictes en termes de résidence, de maîtrise de la langue, d’intégration et de ressources financières. « Les cantons de Zurich, d’Appenzell Rhodes-Extérieures et du Jura ont les dispositions les plus inclusives », indique une étude récente.
La tolérance envers les étrangers est également loin d’être uniforme. Les cantons francophones et italophones ont tendance à être plus ouverts que les cantons germanophones, à l’exception de Zurich. Une fracture existe également entre les zones urbaines et rurales : les habitants des villes sont généralement plus ouverts aux différences culturelles et nationales que ceux des zones peu peuplées. « L’ouverture est comparativement moins large parmi ceux qui sont politiquement orientés vers la droite et ceux qui vivent dans des zones peu peuplées », révèle une étude.
La langue constitue un autre défi. Si la plupart des cantons sont monolingues (allemand, français ou italien), certains sont bilingues, comme Berne, Fribourg et le Valais. Dans les Grisons, on parle même trois langues : l’allemand, le romanche et l’italien. Il est donc possible de se retrouver confronté à une nouvelle langue sans même changer de canton. Par exemple, 81 % des Bernois parlent allemand, mais la région du Jura bernois est francophone. À Fribourg, 63 % de la population est francophone, mais l’allemand est parlé dans la partie orientale du canton.
Le coût de la vie est également un facteur important à considérer. Un déménagement d’un canton à faible coût de la vie, comme le Jura ou le Valais (hors stations de ski), vers un canton plus cher, comme Zurich, Genève, Vaud ou Bâle-Ville, peut avoir un impact significatif sur le budget. Bien que les salaires soient généralement plus élevés dans ces cantons, les dépenses liées à la nourriture, au logement et aux transports publics sont également plus importantes. Selon la base de données Numbeo, le coût de la vie, loyer compris, est 35,4 % plus élevé à Zurich qu’à Sion. Les loyers à Zurich sont même 124,2 % plus chers qu’à Sion.
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