L’artiste Tracy-Anne Hart explore la relation intime entre musique, perception et architecture à travers une œuvre photographique et littéraire qui puise son inspiration dans une citation marquante d’Hermann Hesse. Son projet, intitulé « Musique Absolue », est une plongée sensorielle au cœur de la scène musicale texane, et plus particulièrement d’Austin.
À retenir
- Tracy-Anne Hart associe ses photographies d’architecture à sa passion pour la musique, considérant les deux disciplines comme des expressions artistiques et scientifiques complémentaires.
- Son travail est profondément influencé par une citation d’Hermann Hesse qui décrit la musique comme une expérience transcendantale, ouvrant les portes du paradis et de l’enfer.
- L’artiste compile actuellement un livre rétrospectif de sa carrière, révélant un lien constant avec les musiciens de la scène d’Austin, notamment ceux ayant joué au Austin City Limits Music Festival.
Contexte
Tracy-Anne Hart revient sans cesse à une phrase tirée du roman Démian d’Hermann Hesse : « J’aime écouter de la musique, mais seulement celle que vous jouez, la musique absolue, celle qui vous donne l’impression que quelqu’un claque aux portes du paradis et de l’enfer. » Elle a d’ailleurs utilisé cette citation comme titre d’une exposition présentée à la discothèque Antone en 2017. Pour Hart, cette phrase résume avec une précision saisissante les sensations sonores qui résonnent en elle.
L’artiste décrit son projet « Musique Absolue » comme une exploration curative et transcendante, dépassant le simple domaine physique, tout en reconnaissant l’intensité émotionnelle qu’il provoque. Elle le compare à une méditation à la vitesse de la lumière, ou au rythme même de la musique.
Parallèlement à la musique, Tracy-Anne Hart se passionne pour la photographie d’architecture, en particulier celle des bâtiments réhabilités. Elle ne perçoit aucune distinction fondamentale entre ces deux formes d’expression, les considérant toutes deux comme un mélange d’art et de science. Elle rappelle à ce sujet la célèbre définition de l’architecture par Goethe, qu’il qualifiait de « musique figée », tout en soulignant que les instruments et les esprits vibrent de vie.
Ce qui change
En parcourant ses archives photographiques, notamment ses négatifs non numérisés et ses milliers de photos numériques créées depuis 2008, Tracy-Anne Hart a constaté la constance de son attachement aux musiciens de la scène d’Austin. À l’exception de Stevie Ray Vaughan, décédé, dont elle a publié un premier livre intitulé Voir Stevie Ray, la plupart de ses sujets préférés ont participé au Austin City Limits Music Festival depuis sa création en 2002. Parmi eux figurent Jimmie Vaughan, Joe Ely, Ian Moore, Charley Crockett, Leon Bridges, Gary Clark Jr. et les Arc Angels. L’artiste continue de chercher à capturer l’essence sonore de ces musiciens texans, dont la musique l’attire et la captive.
Prochaines étapes
Tracy-Anne Hart travaille actuellement à la compilation d’un livre qui retracera l’ensemble de sa carrière artistique. La publication de cet ouvrage permettra de découvrir l’évolution de son travail et son lien profond avec la scène musicale d’Austin.