Publié le 9 octobre 2025 à 19h44. Le mystère du transport des statues Moai de l’île de Pâques pourrait enfin être résolu : une nouvelle étude apporte des preuves solides en faveur d’une technique de déplacement par « marche » assistée par des cordes et des routes spécialement aménagées.
- Des chercheurs ont examiné près de 1 000 statues Moai, notamment celles abandonnées en cours de route, révélant des caractéristiques de base idéales pour un déplacement par bascule.
- Les routes de l’île, d’une largeur de 4,5 mètres et à section concave, semblent avoir joué un rôle crucial dans la stabilisation des statues pendant leur progression.
- Aucune autre explication plausible au déplacement de ces monuments colossaux n’a été avancée à ce jour, selon les chercheurs.
Les statues Moai, symboles emblématiques de la culture Rapa Nui, ont longtemps intrigué les scientifiques. Comment les anciens habitants de l’île de Pâques, également connue sous le nom de Rapa Nui, ont-ils pu déplacer ces monuments pesant plusieurs tonnes ? Pendant des années, cette question a suscité de nombreuses hypothèses. Une équipe de chercheurs, menée par Carl Lipo et Terry Hunt, propose désormais une réponse convaincante : les Moai « marchaient ».
Dès 2013, Lipo et Hunt avaient émis l’hypothèse que les statues étaient déplacées en étant basculées d’avant en arrière à l’aide de cordes, ce qui leur donnait l’impression de se mouvoir d’elles-mêmes. Ils présentent aujourd’hui de nouvelles preuves à l’appui de cette théorie, issues de l’étude approfondie de près de 1 000 statues Moai.
Leur attention s’est particulièrement portée sur les « Moai routiers », des statues abandonnées en cours de transport, à la sortie des carrières. L’analyse de ces statues a révélé que leur base était large et en forme de « D », une configuration idéale pour le déplacement par bascule. « Chaque fois qu’ils déplaçaient une statue, on dirait qu’ils construisaient une route. La route fait partie du mouvement de la statue », a déclaré Carl Lipo, selon un communiqué de l’université de Binghamton.
Les routes de l’île de Pâques, avec leur largeur de 4,5 mètres et leur section concave, confirment cette hypothèse. Elles offraient une surface stable et guidée pour le déplacement des statues, facilitant leur progression. Les chercheurs ont également souligné l’absence d’alternatives crédibles. « Trouvez des preuves qu’il n’aurait pas pu marcher. Parce que rien de ce que nous avons vu ne réfute cela », a insisté Lipo. L’idée que les statues aient été transportées couchées sur des dispositifs en bois a, selon lui, été écartée.
Cette étude, publiée dans une revue scientifique, renforce donc considérablement la théorie de la « marche » des Moai, offrant une explication plausible à l’un des plus grands mystères de l’archéologie.