Publié le 9 octobre 2025 à 16h50. Cette cicatrice, souvent visible sur le bras de nombreuses personnes d’Amérique latine, témoigne d’une protection contre la tuberculose grâce au vaccin BCG, un dispositif de santé publique largement déployé mais dont l’efficacité suscite encore des débats.
- Le vaccin BCG (bacille de Calmette et Guérin) est administré à des millions de nourrissons dans le monde, notamment en Amérique latine, pour prévenir les formes graves de tuberculose.
- Son efficacité est variable et diminue avec le temps, ce qui explique pourquoi il n’est pas systématiquement utilisé dans les pays industrialisés comme les États-Unis.
- Bien que controversé, le BCG reste un outil essentiel dans la lutte contre la tuberculose, en particulier dans les régions où la maladie est endémique.
Pour beaucoup de ceux qui viennent du Salvador – ou d’autres pays d’Amérique latine – une marque distinctive orne leur bras : la cicatrice laissée par le vaccin BCG. Administré durant l’enfance, ce vaccin protège contre la tuberculose et est devenu un symbole culturel, souvent moqué avec humour sur les réseaux sociaux.
Le BCG est un « vaccin vivant », élaboré à partir d’une bactérie atténuée qui stimule la réponse immunitaire sans provoquer la maladie. Son utilisation est particulièrement répandue dans les pays où la tuberculose reste un problème de santé publique majeur, contrairement aux États-Unis où il n’est généralement pas inclus dans le calendrier vaccinal de routine, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC).
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) explique que le vaccin BCG « est administré aux nourrissons et aux jeunes enfants dans les pays où la tuberculose est courante » et qu’il offre une protection contre les formes graves de la maladie, comme la tuberculose méningée. La tuberculose, une maladie infectieuse causée par le bacille Mycobacterium tuberculosis, existe depuis des millénaires et reste endémique dans de nombreux pays en développement.
Selon l’OMS, « la majorité des nouveaux cas et des décès surviennent dans les pays en développement, où l’infection survient fréquemment pendant l’enfance ». Le BCG fait donc partie intégrante des programmes de vaccination dans environ 155 pays, couvrant 80 % de la population mondiale. Les taux de couverture varient selon les régions : 87 % dans les Amériques, 80 % en Afrique, 93 % en Europe, 90 % en Méditerranée orientale, 91 % en Asie du Sud-Est et 92 % dans le Pacifique occidental.
Aux États-Unis, l’administration du BCG est réservée aux personnes présentant des critères spécifiques et après consultation d’un spécialiste de la tuberculose. La stratégie privilégiée dans les pays industrialisés est la vaccination de groupes à haut risque, plutôt qu’une vaccination généralisée.
Au Salvador, le ministère de la Santé (MINSAL) recommande une dose unique de BCG (0,5 à 1 ml) pour les nouveau-nés pesant au moins 2,5 kg, administrée par voie intradermique dans la région deltoïde gauche, à l’aide d’une seringue de 1 cm³ et d’une aiguille de 26G de 3/8 de pouce.
La cicatrice caractéristique laissée par le vaccin est due à la réaction locale provoquée par l’injection. L’OMS précise que « l’administration intradermique correcte des vaccins BCG provoque presque toujours des réactions locales mineures » telles que « un érythème, une sclérose et des douleurs à la palpation » qui sont « fréquemment suivies de la formation d’un petit ulcère au point d’injection ». La présence de cette cicatrice est un indicateur d’une vaccination antérieure, mais ne garantit pas une immunité durable.
Cependant, l’efficacité du BCG est un sujet de débat. L’OMS reconnaît que « le vaccin BCG a été utilisé pour la première fois pour immuniser les humains en 1921 » et qu’ « bien qu’il soit le plus ancien des vaccins actuellement utilisés, le vaccin BCG reste controversé, car il existe des données contradictoires sur son efficacité protectrice ». Le CDC souligne qu’une personne peut contracter la tuberculose même après avoir été vaccinée, car la protection diminue avec le temps.
Malgré ses limites, le BCG offre une protection contre d’autres maladies, comme la lèpre et l’ulcère de Buruli, et est parfois utilisé dans le traitement du cancer de la vessie. L’OMS maintient sa recommandation d’une dose unique de BCG pour les nouveau-nés dans les pays à forte prévalence de tuberculose, en attendant le développement de vaccins plus efficaces. La lutte contre la tuberculose repose donc sur un ensemble d’outils : diagnostic précoce, traitement sous surveillance directe, traitement préventif et mesures de santé publique.
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